Chapitre IV

Le troisième secret

Comme l'avait précisément prédit la Vierge en 1917, la Seconde Guerre Mondiale a éclaté sous le règne de Pie XI. En 1943 Joseph Staline était bien entraîne à la liquidation des Catholiques et l'exportation du communisme athée à partir de la Russie soviétique. En juin de cette même année, Sœur Lucie, alors âgée de 36 ans, avait contracté une pleurésie. Cet événement alarma grandement Monseigneur da Silva de Leiria-Fatima, et son ami intime et conseiller le Chanoine Galamba. Tous deux craignirent que Sœur Lucie ne mourût sans avoir rédigé le Troisième Secret.

Si terrible qu'elle ne pouvait le rédiger

En septembre 1943, ils lui suggérèrent de le rédiger, mais elle omit de se plier à la suggestion, parce qu'elle ne désirait pas prendre de son propre chef la responsabilité d'une telle initiative. Sœur Lucie attachait beaucoup d'importance au fait que, sans ordre formel de son évêque, elle n'avait pas encore la permission de Notre-Seigneur de révéler le Troisième Secret. Elle déclara que, cependant, elle obéirait à un ordre formel de Monseigneur da Silva.

A la mi-octobre 1943, pendant une visite à Sœur Lucie au couvent de Tuy en Espagne (environ à 380 kilomètres de Fatima et près de la frontière portugaise), Monseigneur da Silva donna à Sœur Lucie l'ordre formel de rédiger le Secret. Alors Sœur Lucie essaya d'obéir à l'ordre de l'évêque mais fut incapable de le faire pendant les deux mois et demi suivants.

La Vierge Elle-Même enjoint la Sœur Lucie de révéler le secret

Finalement, le 2 janvier 1944, la Sainte Vierge Marie apparut de nouveau à Lucie pour lui donner du courage et pour confirmer que c'est bien la Volonté de Dieu qu'elle révèle la partie finale du Secret. C'est seulement alors que Sœur Lucie put vaincre son inquiétude et rédiger le Troisième Secret de Fatima.[1] Cependant même alors, ce ne fut que le 9 janvier 1944 que Sœur Lucie écrivit la note suivante à Monseigneur da Silva, l'informant que le Secret avait été finalement consigné par écrit :

J'ai écrit ce que vous m'avez demandé ; Dieu a voulu m'éprouver un peu, mais finalement, c'était bien cela sa volonté : [le texte] est cacheté dans une enveloppe et celle-ci est dans les cahiers...[2]

Une simple feuille de papier

Il fut donc apparent tout de suite que le Secret impliquait deux documents : l'un cacheté dans l'enveloppe et l'autre contenu dans le cahier de Sœur Lucie. (Pour quelle autre raison aurait-elle transmis le cahier ainsi que l'enveloppe cachetée ?) Nous nous concentrerons pour le moment sur ce qui était cacheté dans l'enveloppe.

Lucie était encore si remplie d'inquiétude sur le contenu du Secret qu'elle ne voulut confier le Secret dans l'enveloppe cachetée (ainsi que le cahier) à personne d'autre qu'un évêque pour qu'il soit porté à Monseigneur da Silva. Le 17 juin 1944, Sœur Lucie quitta Tuy, franchit la rivière Minho et arriva à Asilo Fonseca où elle remit à l'Archevêque Manuel Maria Ferreira da Silva (l'Archevêque de Gurza) le cahier dans lequel elle avait inséré l'enveloppe contenant le Secret. Ce même jour, l'Archevêque da Silva remit le Secret à Monseigneur José Alves Correia da Silva (l'évêque de Leiria) dans sa maison de campagne non loin de Braga. Alors, l'évêque de Leiria porta le Secret au Palais Épiscopal de Leiria. Ces détails seront très importants étant donné ce qui a été rapporté dans le commentaire du Vatican sur le Troisième Secret finalement publié le 26 juin 2000.

Depuis le début, selon le témoignage unanime, le Troisième Secret est écrit sous forme de lettre sur une simple feuille de papier. Le Père Joaquin Alonso (archiviste officiel des documents sur les Apparitions de Fatima) rapporte que Sœur Lucie et le Cardinal Ottaviani ont tous deux déclaré que le Secret était écrit sur une simple feuille de papier :

Lucie nous dit qu'elle l'a écrit sur une feuille de papier. Le Cardinal Ottaviani, qui l'a lu, nous dit de même : «Elle l'a écrit sur une feuille de papier...»[3]

Le Cardinal Ottaviani, en tant que Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 1967, a déclaré avoir lu le Troisième Secret et qu'il était écrit sur une simple feuille de papier. Il a certifié ce fait le 11 février 1967, au cours d'une conférence de presse à Rome, pendant une rencontre de l'Académie Pontificale Mariale. Le Cardinal Ottaviani a déclaré :

Et alors, qu'a-t-elle fait pour obéir à la Très Sainte Vierge ? Elle a écrit sur une feuille, en portugais, ce que la Sainte Vierge lui avait demandé de dire au Saint-Père [sic]...[4]

Le Cardinal Ottaviani a témoigné de ce fait. Dans la même conférence de presse, il déclare :

Moi qui ai eu la grâce et le don de lire ce qui est le texte du Secret, — mais je suis secret moi aussi parce que je suis tenu au Secret...[5]

Nous avons aussi le témoignage de Monseigneur Venancio, alors évêque Auxiliaire de Leiria-Fatima. Il avait reçu l'ordre de Monseigneur da Silva, à la mi-mars 1957, d'apporter des copies de tous les écrits de Sœur Lucie — y compris l'original du Troisième Secret — au Nonce Apostolique de Lisbonne pour transfert à Rome. Avant d'apporter les écrits de Lucie au Nonce, Monseigneur Venancio regarda l'enveloppe contenant le Troisième Secret en la tenant à la lumière et vit que le Secret était «écrit sur une petite feuille de papier.»[6] Frère Michel identifie d'abord la nature de ce témoignage :

Cependant, grâce aux confidences de Mgr Venancio, à l'époque évêque auxiliaire de Leiria et qui fut intimement mêlé à ces événements, nous disposons maintenant de plusieurs données sur que nous nous garderons bien de négliger. Je les ai moi-même recueillies de la bouche de Mgr Venancio le 13 février 1984, à Fatima. L'ancien évêque de Leiria me répéta sur ce sujet, presque mot pour mot, ce qu'il avait déjà dit auparavant à l'abbé Caillon, qui en a fait le récit très détaillé dans ses conférences.[7]

Voici maintenant le témoignage de Monseigneur Venancio, selon Frère Michel

Monseigneur Venancio raconte qu'une fois seul chez lui, il prit la grande enveloppe du Secret et qu'il essaya de voir, par transparence, quel en était le contenu. Dans la grande enveloppe de l'évêque, il discerna une enveloppe plus petite, celle de Lucie, et à l'intérieur une feuille ordinaire, avec trois quarts de centimètre de marge de chaque côté. Il prit le soin de noter la taille de tout cela. L'ultime Secret de Fatima est donc écrit sur une petite feuille de papier.[8] (c'est nous qui soulignons)

Les témoignages suivants montrent que cette unique feuille de papier contenait quelque 20 à 25 lignes de texte. Sur ce point concordent tous les témoignages de Sœur Lucie, du Cardinal Ottaviani, de Monseigneur Venancio, du Père Alonso, du Frère Michel et du Frère François :

Nous sommes aussi sûrs que les quelque vingt ou trente lignes du troisième Secret...[9]

L'ultime Secret de Fatima, écrit sur une petite feuille de papier, n'est donc pas très long. Probablement vingt à vingt-cinq lignes...[10]

Monseigneur Venancio a regardé «l'enveloppe (contenant le Troisième Secret) en la tenant à la lumière. Il a vu à l'intérieur une petite feuille dont il a mesuré la taille exacte. Nous savons ainsi que le Troisième Secret n'est pas très long, probablement 20 à 25 lignes...»[11]

Écrit sous la forme d'une lettre

Il est également clair que le Troisième Secret fut rédigé sous la forme d'une lettre à Monseigneur da Silva. Sœur Lucie elle-même nous dit que le Troisième Secret était écrit sous forme de lettre. Sur ce point, nous avons le témoignage écrit du Père Jongen qui, les 3-4 février 1946, interrogea Sœur Lucie comme suit :

«“Vous avez déjà donne à connaître les deux premières parties du Secret. Quand sera-ce pour la troisième ?” “Cette troisième partie, je l'ai communiquée par une lettre adressée à Mgr l'évêque de Leiria ;...”» a-t-elle répondu.[12] (c'est nous qui soulignons)

Ensuite, nous avons les paroles décisives du Chanoine Galamba

Quand Mgr l'évêque refuse de l'ouvrir, Lucie lui fait promettre qu'il serait ouvert définitivement et lu au monde à sa mort [à elle, Lucie], ou en 1960, selon ce qui se produirait d'abord.[13] (c'est nous qui soulignons)

Pour être révélé au monde vers 1960

Pourquoi 1960 ? En 1955, le Cardinal Ottaviani lui demanda pourquoi l'enveloppe ne devait pas être ouverte avant 1960. Elle lui dit : «parce qu'alors cela semblera plus clair (mais claro).» Sœur Lucie avait fait promettre à l'évêque de Leiria-Fatima que le Secret serait lu au monde à sa mort, mais en tout cas pas plus tard que 1960 «parce que la Sainte Vierge le veut ainsi»[14] et du Chanoine Barthas : «De plus, il (le Troisième Secret) sera bientôt connu, puisque Sœur Lucie affirme que Notre-Dame désire qu'il puisse être publié à partir de 1960.»

Ce témoignage introduit un troisième fait capital concernant le Secret : il devrait être révélé vers 1960. En vérité, en février 1960, le Patriarche de Lisbonne déclarerait :

Monseigneur da Silva enferma (l'enveloppe cachetée par Lucie) dans une autre enveloppe sur laquelle il indiqua que la lettre devait être ouverte en 1960 par lui-même, Mgr José Correia da Silva, s'il était encore en vie, ou sinon, par le Cardinal Patriarche de Lisbonne.[15] (c'est nous qui soulignons)

Le Père Alonso nous dit

D'autres évêques, ajoute le P. Alonso, ont également parlé — et avec autorité — de la date de 1960 comme indiquée pour ouvrir la fameux document. Ainsi, quand l'évêque, alors titulaire de Tiava, et auxiliaire de Lisbonne, interroge Lucie au sujet de la date à laquelle sera ouvert le Secret, il reçoit toujours la même réponse : en 1960.[16] (c'est nous qui soulignons)

Et en 1959, Monseigneur Venancio, nouvel Évêque de Leiria, déclarait

Je pense que la lettre ne sera pas ouverte avant 1960. La sœur Lucie avait demandé qu'elle ne fût pas ouverte avant sa mort, ou pas avant 1960. Or, nous sommes en 1959, et la sœur Lucie jouit d'une bonne santé.[17] (c'est nous qui soulignons)

Finalement, nous avons l'annonce du Vatican du 8 février 1960 (parue dans un communiqué de l'agence de presse portugaise A.N.I.) concernant la décision de taire le Secret, document sur lequel nous reviendrons au chapitre 6. L'annonce du Vatican déclare :

«... il est fort probable que la lettre dans laquelle sœur Lucie écrivit les paroles que la Vierge Marie adressa aux trois pastoureaux à la Cova da Iria, ne soit jamais ouverte.»[18] (c'est nous qui soulignons)

Jusqu'ici tous les témoignages convergent vers ce qui suit : un secret rédigé sous forme de lettre sur une seule feuille de papier contenant 20-25 lignes de texte calligraphié, avec ¾ de centimètre de marge de chaque côté ; secret à révéler au plus tard en 1960 et en cette année-là, particulièrement, parce que «alors ce sera beaucoup plus clair.»

C'est ce document que Monseigneur Venancio transféra au Nonce du Pape, qui alors le transféra en 1957 au Saint-Office (maintenant connu sous le nom de Congrégation pour la Doctrine de la Foi) :

Arrivé au Vatican le 16 avril 1957, le Secret fut sans doute placé presque aussitôt par le Pape Pie XII dans son bureau personnel, à l'intérieur d'un petit coffre de bois, portant la mention Secretum Sancti Officii. (Secret du Saint-Office).[19]

Il est important de noter que le Pape était le chef du Saint-Office avant la réorganisation du Vatican par le Pape Paul VI en 1967. Par conséquent, il était tout à fait normal pour le Pape de garder en sa possession le Troisième Secret et que la boîte la contenant soit étiquetée «Secret du Saint-Office.» Le Pape étant le chef du Saint-Office, cette boîte faisait partie des archives du Saint-Office. Retenez ces faits essentiels pour examen ultérieur.

Une prédiction d'apostasie dans l'Église

Quel est le contenu du Secret ? Nous retournons maintenant à l'expression qui en dit long : «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.» ce qui, nous l'avons noté dans un chapitre précédent, apparaît dans le Quatrième Mémoire de Lucie, à la fin du texte intégral des deux premières parties du Grand Secret.

Sur ce point, nous devons considérer le témoignage capital du Père Joseph Schweigl, à qui fut confiée par le Pape Pie XII une mission secrète : interroger Sœur Lucie sur le Troisième Secret. Il le fit au Carmel de Coimbra le 2 septembre 1952. A son retour à Rome, le Père Schweigl se rendit à sa résidence au Russicum et dit à un collègue le lendemain :

Je ne peux rien révéler de ce que j'ai appris à Fatima à propos du troisième Secret, mais je peux dire qu'il a deux parties : l'une concerne le Pape. L'autre, logiquement — bien que je ne doive rien dire — devrait être la continuation des paroles : «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi...»[20]

Ainsi se confirme la conclusion qu'une partie du Secret est en fait la continuation de l'expression dont le Vatican doit encore révéler la suite : «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc.»

Cette conclusion est confirmée par maint autre témoin, y compris les suivants :

Le Père Fuentes

Le 26 décembre 1957, le Père Fuentes eut une entrevue avec Sœur Lucie. L'entrevue fut publiée en 1958 avec imprimatur de son Archevêque, Monseigneur Sanchez de Véracruz au Mexique. Entre autres choses, Sœur Lucie dit au Père Fuentes ce qui suit :

Père, la Très Sainte Vierge est bien triste, car personne ne fait cas de Son Message, ni les bons, ni les mauvais. Les bons continuent leur chemin, mais sans faire cas du Message. Les mauvais, ne voyant pas tomber sur eux actuellement le châtiment de Dieu, continuent leur vie de péché sans se soucier du message. Mais, croyez-moi, Père, Dieu va châtier le monde et ce sera d'une manière terrible. Le châtiment céleste est imminent.

Que manque-t-il, Père, pour 1960 et qu'arrivera-t-il alors ? Ce sera bien triste pour tout, nullement réjouissant si auparavant le monde ne prie pas et ne fait pas pénitence. Je ne peux donner d'autres détails puisque c'est encore un secret ...

C'est la troisième partie du Message de Notre-Dame qui restera secrète, jusqu'à cette date de 1960.

Dites-leur, Père, que la Très Sainte Vierge, plusieurs fois, aussi bien à mes cousins François et Jacinthe qu'à moi-même nous a dit que beaucoup de nations disparaîtront de la surface de la terre, que la Russie sera l'instrument du châtiment du Ciel pour le monde entier si nous n'obtenons pas auparavant la conversion de cette pauvre nation.

Père, le démon est en train de livrer une bataille décisive avec la Vierge, et comme il sait ce qui offense le plus Dieu et qui en peu de temps lui fera gagner le plus grand nombre d'âmes, il fait tout pour gagner les âmes consacrées à Dieu, car de cette manière il laisse le champ des âmes désemparé, et ainsi il s'en emparera plus facilement.

Ce qui afflige le Cœur Immaculé de Marie et celui de Jésus, c'est la chute des âmes religieuses et sacerdotales. Le démon sait que les religieux et les prêtres en manquant à leur belle vocation, entraînent de nombreuses âmes en enfer. … Le démon veut s'emparer des âmes consacrées ; il essaie de les corrompre pour endormir les autres dans l'impénitence finale.[21]

Le Père Alonso

Avant sa mort en 1981, le Père Joaquin Alonso, qui pendant seize ans fut l'archiviste officiel de Fatima, a certifié ce qui suit :

Il est donc tout à fait probable, que le texte [du troisième Secret] fasse des allusions concrètes à la crise de la foi de l'Église et à la négligence des Pasteurs eux-mêmes... [et aux] luttes intestines au sein de l'Église même et de graves négligences pastorales de la haute Hiérarchie.[22]

Dans la période qui précède le grand triomphe du Cœur de Marie se produiront des choses terribles qui sont l'objet de la troisième partie du Secret. Lesquelles ? Si «Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi,» ... on peut en déduire en toute clarté que dans d'autres parties de l'Église ces dogmes ou bien vont s'obscurcir, ou bien même se perdre.[23]

Le texte inédit parle-t-il de circonstances concrètes ? Il est fort possible qu'il ne parle pas uniquement d'une véritable crise de la foi dans l'Église pendant cette période intermédiaire, mais que, comme par exemple le fait le secret de La Salette, il y ait des références plus concrètes aux luttes intestines des Catholiques ou aux défaillances des prêtres et des religieux. Peut-être même y a-t-il référence aux défaillances de la haute Hiérarchie de l'Église.

Rien de tout cela, du reste, n'est étranger à d'autres communications qu'a eues sœur Lucie sur ces points.[24]

Le Cardinal Ratzinger

Le 11 novembre 1984, le Cardinal Ratzinger, tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, donna un entretien à la revue Jésus, publication des Sœurs Pauliniennes. L'entretien intitulé «Voici pourquoi la Foi est en crise» fut publiée avec l'autorisation explicite du Cardinal. Dans cet entretien, le Cardinal Ratzinger admît qu'une crise de la foi affecte l'Église dans le monde entier. Dans ce contexte, il révèle qu'il a lu le Troisième Secret et que le Secret se réfère à des «dangers qui menacent la foi, et la vie du Chrétien, et donc (la vie) du monde.»

Le Cardinal confirme ainsi la thèse du Père Alonso : le Secret se rapporte à l'expansion de l'apostasie dans l'Église. Le Cardinal Ratzinger dit dans le même entretien que le Secret se réfère aussi à «l'importance des Novissimi (les Derniers Temps/les Derniers Événements)» et que «si on ne publié pas, — du moins pour le moment, — c'est pour éviter de voir confondre la prophétie religieuse avec le sensationnalisme»… Plus loin, le Cardinal révèle que «Mais les choses contenues dans ce “Troisième Secret” correspondent à ce qu'annonce l'Écriture et sont confirmées par beaucoup d'autres apparitions mariales, à commencer par celles mêmes de Fatima...»[25]

Monseigneur Amaral

Avec le Cardinal Ratzinger s'accorde tout à fait Monseigneur Amaral, le troisième évêque de Fatima. Dans un discours à Vienne, en Autriche, le 10 septembre 1984, il a dit ce qui suit :

Son contenu, insista-t-il, ne concerne que notre foi. Identifier le (Troisième) Secret avec des annonces catastrophiques ou avec un holocauste nucléaire, c'est déformer le sens du message. La perte de la foi d'un continent est pire que l'anéantissement d'une nation ; et il est vrai que la foi diminue continuellement en Europe.[26] (c'est nous qui soulignons)

Le Cardinal Oddi

Le 17 mars 1990, le Cardinal Oddi a donné le témoignage suivant au journaliste italien Lucio Brunelli sur le journal Il Sabato :

Il (le Troisième Secret) n'a rien à voir avec Gorbatchev. La Sainte Vierge nous alertait contre l'apostasie dans l'Église.

Le Cardinal Ciappi

A ces témoignages, nous devons ajouter le témoignage du Cardinal Mario Luigi Ciappi qui ne fut rien moins que le théologien papal personnel du Pape Jean-Paul II. Dans une communication personnelle au professeur Baumgartner de Salzburg, le Cardinal Ciappi a révélé que :

Dans le Troisième Secret il est prédit, entre autres choses, que la grand apostasie dans l'Église commencera au sommet.[27]

Tous ces témoignages correspondent aux remarques répétées de Sœur Lucie elle-même. Non seulement au Père Fuentes, cité plus haut, mais à beaucoup d'autres témoins dignes de foi. Bien qu'elle soit liée au secret concernant le contenu précis du Troisième Secret, ses remarques à des témoins dignes de confiance, sont pleines de références à des hommes d'Église «tromper par de fausses doctrines» ; à une «désorientation diabolique» atteignant «tant de personnes qui occupent des places de responsabilité» dans l'Église ; à des «prêtres et âmes consacrées» qui «sont tellement trompées et égarées» parce que «le démon a réussi à infiltrer le mal sous couvert de bien… induire en erreur et à tromper des âmes ayant une lourde responsabilité par la place qu'elles occupent… ce sont des aveugles qui guidant d'autres aveugles», et ainsi de suite.[28]

Pie XII confirme la prédiction d'apostasie dans le secret

Mais peut-être le témoignage le plus remarquable de tous à ce sujet, bien qu'en rapport indirect, est celui du Cardinal Eugénio Pacelli, avant de devenir le Pape Pie XII, et alors qu'il était encore au service du Vatican comme Secrétaire d'État sous le règne du Pape Pie XI. Parlant même avant que Sœur Lucie ait confirmé par écrit le Troisième Secret, le futur Pie XII fit une prophétie étonnante sur un bouleversement futur dans l'Église :

Je suis tracassé par les Messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. Cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Église est un avertissement divin contre le suicide par altération de la Foi, dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme. …J'entends tout autour de moi, des novateurs qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, détruire la flamme universelle de l'Église, rejeter Ses ornements et Lui faire éprouver du remords pour Son passé historique.

Le biographe du Pape Pie XII, Monseigneur Roche, a noté que, à ce moment de la conversation, Pie XII dit alors (en réponse à une objection) :

Un jour viendra où le monde civilisé reniera son Dieu, où l'Église doutera comme Pierre a douté. Elle sera tentée de croire que l'homme est devenu Dieu. Dans nos églises, les chrétiens chercheront en vain la lampe rouge là où Dieu les attend. Comme Marie-Madeleine, pleurant devant le tombeau vide, ils demanderont : «Où L'ont-ils emporté ?»[29]

Il est tout à fait remarquable que le futur Pape ait associé cette intuition, apparemment surnaturelle, d'une dévastation qui survenait dans l'Église, spécialement aux «Messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima» et «cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Église.» La prédiction serait complètement dépourvue de sens si elle avait été basée sur les deux premières parties du Grand Secret, qui ne font aucune mention de faits tels que «le suicide de l'altération de la Foi dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme» ou de «novateurs qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, détruire la flamme universelle de l'Église, rejeter ses ornements et lui faire éprouver du remords pour son passé historique.» Il n'y a pas non plus une indication quelconque dans les deux premières parties pour «dans nos églises, les Chrétiens chercheront en vain la lampe rouge où Dieu les attend.»

Comment le futur Pape Pie XII connaissait-il ces choses ? Sinon par intuition surnaturelle, puis par connaissance directe d'une certaine partie jusque là non dévoilée «des Messages de la Sainte Vierge à Sœur Lucie de Fatima» révélant ces futurs événements dans l'Église.

Bref, chaque témoignage relatif au contenu du Troisième Secret depuis 1944 au moins jusqu'à 1984 (date de l'interview de Ratzinger) confirme qu'il signale une perte catastrophique de la foi et de la discipline dans l'Église, représentant une avancée des forces rangées contre Elle depuis si longtemps — les «novateurs» qu'entendait le futur Pape Pie XII «tout autour de moi» réclamant à grands cris le démantèlement de la Sainte Chapelle et les changements de la liturgie et de la théologie catholique.

Comme nous le montrerons, cette avancée a commencé en 1960 précisément l'année où (Sœur Lucie avait insisté) la troisième partie du Secret devait être révélée. Mais avant de retourner à cette année décisive, où le grand crime dont nous parlons a d'abord commencé, nous devons d'abord discuter du motif qui a précédé le crime. C'est ce que nous allons nous efforcer de faire maintenant.

Sœur Lucie à l'époque de cette photo était chez les Sœurs Dorothées et c'est environ trois ans après cette photo, qu'elle reçut un message de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même lui disant de transmettre au Pape et aux évêques ce qui leur arrivera personnellement s'ils retardent trop longtemps pour faire la Consécration de la Russie. Jésus a dit :

«Fais savoir à Mes ministres, étant donné qu'ils suivent l'exemple du roi de France en retardant l'exécution de Ma demande, qu'ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie.»

La vision de l'exécution du Pape et des évêques qui fut révélée par le Vatican le 26 juin 2000 trouverait une explication dans les mots de Notre-Seigneur Lui-même cités plus haut.


[1] Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), p. 38.

[2] Ibid.

[3] Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima (La Vérité sur le Secret de Fatima), (Centre Mariano, Madrid, Espagne, 1976), p. 60. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, p. 437.

[4] Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, p. 486.

[5] Ibid., p. 488.

[6] Frère François de Marie des Anges, Fatima : Joie Intime Evénement Mondial, (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1991), p. 291.

[7] Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, p. 320.

[8] Ibid., p. 321.

[9] Ibid., p. 419.

[10] Frère François de Marie des Anges, Fatima : Joie Intime Evénement Mondial, p. 291.

[11] Frère Michel de la Sainte Trinité, The Secret of Fatima... Revealed (Le Secret de Fatima... Révélé), (Immaculate Heart Publications, Buffalo, New York, U.S.A.), p. 7.

[12] Revue Médiatrice et Reine, octobre 1946, pp. 110-112. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, p. 313.

[13] Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima, p. 46-47. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité,Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, p. 313.

[14] Barthas, Fatima, Merveille du XXè siècle, p. 83. Fatima Editions, 1952. Il faut noter que le Chanoine Barthas a publié ce compte-rendu après avoir eu le privilège de rencontrer Sœur Lucie de nouveau le 15 octobre 1950 en compagnie de Monseigneur Bryant, O.M.I., Vicaire Apostolique de L'Athabaska-Mackenzie. Voir Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, p. 314.

[15] Novidades, 24 février 1960. Cité par la Documentation Catholique, 19 juin 1960, col. 751. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, p. 314.

[16] Père Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, pp. 316-317.

[17] Ibid. , p. 318.

[18] Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, pp. 386.

[19] Frère François de Marie des Anges, Fatima : Joie Intime Evénement Mondial, p. 291.

[20] Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, p. 476.

[21] Traduction de l'interview de Sœur Lucie avec le Père Fuentes tirée de Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, pp. 336-337. Frère Michel explique que le texte est tiré du livre de l'expert de Fatima le Père Joaquin Alonso, La Verdad Sobre el Secreto de Fatima (pp. 103-106), et depuis le text publier par Père Ryan dans le juin de 1959 issue du Fatima Findings (Conclusions de Fatima), et le no 8-9 août-septembre 1961 issue du italien magazine Messaggero del Cuore di Maria (Message du Coeur de Maria). L'interview de Sœur Lucie avec le Père Fuentes fut publiée avec Imprimatur de l'Archevêque Sanchez de Veracruz, Mexique.

[22] Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, p. 472.

[23] Ibid., p. 460.

[24] Ibid., pp. 472-473.

[25] Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, pp. 555-556. Voir aussi Jésus Magazine du 11 novembre 1984, p. 79. Voir aussi The Fatima Crusader, n° 37, Eté 1991, p. 7.

[26] Frère François de Marie des Anges, Fatima : Joie Intime Evénement Mondial, p. 400. Voir aussi Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, p. 453.

[27] Voir Père Gérard Mura «Le Troisième Secret de Fatima : A-t-il Eté Complètement Révélé ?», le périodique Catholic(publié par les Rédemptoristes transalpins, Orkney Islands, Scotland, Great-Britain) mars 2002.

[28] Ces citations sont résumées à partir de nombreuses lettres qu'écrivit Sœur Lucie au début des années 1970 à deux de ses neveux qui étaient prêtres et à d'autres religieux qu'elle connaissait. Voir Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret, pp. 509-512.

[29] Roche, Pie XII Devant l'Histoire, pp. 52-53.

Exorcisme de Léon XIII - Articles Religieux - Livres et brochures - Religious items - Discover Marie-Julie - Infos du Sanctuaire - Conférences

Neuvaine de prière - Dévotion réparatrice - Paroles du Ciel - Découvrir Marie-Julie - Historique - Marie-Julie du Crucifix - Les demandes du Ciel

Le surnaturel - Oraisons et prières - Témoignages - Des extases de Marie-Julie - Les évènements annoncés - Quelques prophéties - Autres prophéties

Cris du Ciel - Le Sanctuaire de Marie-Julie - Informations légales - Conditions générales de vente - Contact - Accueil - Retour

© 2017 - Tous droits réservés "Association le Sanctuaire de Marie-Julie Jahenny" Tél : 02 40 51 06 81