Chapitre VI

Le motif s'installe

Autour de 1948, le Pape Pie XII, à la requête du Cardinal Ruffini, solidement orthodoxe, envisagea de réunir un Concile général et passa même quelques années à faire les préparatifs nécessaires. Il existe des preuves que des éléments progressistes de Rome dissuadèrent peu à peu le Pape Pie XII d'en assurer la réalisation, puisque ce Concile présentait des signes précis dans la ligne de Humani Generis et de sa condamnation des erreurs modernistes. Comme cette encyclique de 1950, le nouveau Concile combattrait «les fausses opinions qui menacent de saper les fondations de la doctrine de l'Église.»[1]

En même temps, «les erreurs de la Russie» auxquelles faisait allusion la Vierge de Fatima, pénétraient l'Église Elle-même. Différents Ordres Religieux catholiques étaient en voie d'infiltration. Par exemple, le prétendu mouvement «Prêtres Ouvriers Catholiques» fut si clairement infiltré par les Communistes que le Pape Pie XII y mit fin dans les années 1950.

Tragiquement, le Pape Pie XII en arriva à la conviction qu'il était trop avancé en âge pour assumer la charge importante d'un Concile destiné à combattre les rangs grossissants des ennemis de l'Église, et il se résigna à la décision : «ce sera pour mon successeur.»[2] Le Pape Pie XII mourut le 9 octobre 1958.

Et nous voici parvenus tout près de l'année critique pour notre cas. Nous voici parvenus à 1958, deux ans avant 1960 — l'année où le Troisième Secret devait être révélé en accord avec les souhaits de la Vierge de Fatima, selon l'attestation de Sœur Lucie. Tout au long du Pontificat du Pape Pie XII, le Saint-Office, sous la conduite compétente du Cardinal Ottaviani, entretint la sécurité du paysage catholique en gardant avec fermeté au corral les chevaux sauvages du modernisme. Beaucoup de théologiens modernistes d'aujourd'hui rapportent avec dédain comment, ainsi que leurs amis, ils avaient été «muselés» durant cette période.

Cependant même le Cardinal Ottaviani ne put empêcher ce qui devait arriver en 1958 : un nouveau modèle de Pape «que les progressistes croyaient favorables à leur cause»[3] monterait sur le Trône Pontifical et forcerait un Ottaviani réticent à tirer le loquet, à ouvrir le corral et à réunir toutes ses forces pour le sauve-qui-peut. Cependant, un tel état de la situation n'était pas imprévu. A la nouvelle de la mort du Pape Pie XII, le vieux Dom Lambert Beauduin, l'un des amis de Roncalli (le futur Pape Jean XXIII) confia au Père Bouyer : «S'ils élisaient Roncalli, tout serait sauvé, il serait capable de réunir un Concile et de consacrer l'œcuménisme.»[4]

A ce point de notre présentation, il faut bien faire remarquer, surtout pour le lecteur non-Catholique, que les changements d'orientation de base de l'Église dont nous allons discuter, sont totalement sans précédent et représentent peut-être la pire crise de Son histoire. Une étude attentive de ce qui suit explique pourquoi le Message de Fatima, avec son appel à la consécration et à la conversion de la Russie comme gage de la paix du monde, est devenu inacceptable pour les ecclésiastiques libéralisés, politiquement corrects, des cinquante dernières années. Ces changements, sans précédent dans l'Église Catholique, ne sont pas un bienfait, mais un grand détriment pour les non-Catholiques, puisque le résultat du «renouveau» de l'Église a comporté non seulement les scandales cléricaux actuels, mais aussi l'omission, par l'élément humain de l'Église, de l'accomplissement d'une action — la consécration solennelle de la Russie — qui serait un avantage pour toute l'humanité.

Un Concile est réuni au moment où le message de Fatima est attaqué

Et il en fut tout comme l'avait prédit Don Lambert. Roncalli fut élu et, en tant que Pape Jean XXIII, réunit un Concile et consacra l'œcuménisme. La «révolution en tiare et en chape» prédite par la Alta Vendita, était en route.

Et l'un des premiers actes de la révolution fut de faire abstraction du Troisième Secret de Fatima. Contrairement aux espérances du monde entier, le 8 février 1960, (juste un an après la réunion du Concile), le Vatican publia l'annonce anonyme suivante par l'agence de presse A.N.I. :

Cité du Vatican, 8 février 1960 (A.N.I.) — Il est probable que «le Secret de Fatima» ne sera jamais rendu public. Dans des cercles du Vatican hautement dignes de foi, on vient de déclarer au représentant de l'Union de la Presse Internationale que, selon toute vraisemblance, ne sera jamais ouverte la lettre où sœur Lucie a noté les paroles que la Vierge Marie adressa aux trois bergers de la Cova da Iria… Il est très probable que le «Secret de Fatima» restera pour toujours sous le sceau absolu.

Et dans le même communiqué, nous trouvons la première atteinte directe, en provenance du Vatican, à la crédibilité du Message de Fatima dans son ensemble :

Bien que l'Église reconnaisse les Apparitions de Fatima, Elle ne s'engage pas à garantir la véracité des paroles que les trois bergers prétendent avoir entendues de Notre-Dame.

Prétendent avoir entendu ? Pourrait-il y avoir doute de la véracité de leurs témoignages après le Miracle du Soleil ? Pourrait-on mettre en doute qu'ils aient reçu du Ciel une authentique prophétie, en vue de l'accomplissement total de toutes les prédictions du Message jusque là-depuis — la fin imminente de la Première Guerre Mondiale, jusqu'à l'expansion des erreurs de la Russie, jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale et l'élection du Pape Pie XI ?

Nous voyons ici la première attaque officielle concentrée sur le Message de Fatima, en provenance du sein du Vatican, en 1960, au moment où, le Vatican commence à poursuivre une nouvelle orientation de l'Église qui apparaît (comme nous le verrons bientôt) au Concile Vatican II. Que l'on considère ces commentaires à propos du communiqué du 8 février 1960 :

Le communiqué remet publiquement en question la véracité de Lucie, Jacinthe et François.

A partir de 1960, Sœur Lucie est réduite au silence, par ordre du Vatican,[5] pour l'empêcher de se défendre contre l'accusation impliquée du caractère douteux de son témoignage.

Les documents des archives officielles de Fatima, rassemblés entre 1965 et 1976, par le Père Alonso, (plus de 5 000 documents en 24 volumes) seront interdits de publication, même si ces documents confirment que les prophéties de Fatima dans les deux premières parties du Secret (l'élection du Pape Pie XI, la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale, l'expansion du Communisme dans le monde entier, etc.) avaient été révélées en privé par Sœur Lucie bien avant leur accomplissement, son témoignage étant parfaitement précis et fondé.

Le crime était commencé. Et maintenant, le motif du crime — le désir d'écarter l'Église des certitudes catholiques du Message de Fatima et de l'orienter dans le sens d'une adaptation «éclairée» au monde — se développerait pour de bon avec le commencement du Concile Vatican II le 11 octobre 1962. Nous rappelons encore les paroles de Sœur Lucie sur le souhait de Notre-Dame que le Troisième Secret soit révélé en 1960, parce que «alors il sera plus clair (mais claro).» Maintenant il deviendrait très clair, en effet.

«Les erreurs de la Russie» infiltrent l'Église

Tout d'abord, juste avant le début du Concile, il y aurait une autre trahison du Message de Fatima, signe de beaucoup d'événements futurs, sans précédent. Au printemps de 1962, à Metz, en France, le Cardinal Eugène Tisserant eut une rencontre avec nul autre que le Métropolite Nikodim de l'Église Orthodoxe Russe — agent du KGB, comme les autres prélats orthodoxes. Lors de cette rencontre, Tisserant et Nikodim négocièrent ce qu'on a désigné par le pacte de Metz, ou plus populairement, l'Accord Vatican-Moscou.[6] L'existence de l'Accord Vatican-Moscou est un fait historique irréfutable, attesté dans tous les détails par Monseigneur Roche, qui fut secrétaire personnel du Cardinal Tisserant.

En substance, l'accord était comme suit : Le Pape Jean, selon son profond désir, «bénéficierait» au Concile de l'assistance de deux observateurs orthodoxes russes. En retour, l'Église Catholique accorderait que le Concile Vatican II se gardât de toute condamnation du Communisme Soviétique ou de la Russie Soviétique. Essentiellement, le Concile compromettrait la liberté morale de l'Église Catholique, en faisant comme si n'existait pas la forme la plus systématique du mal humain dans l'histoire de l'humanité — même si, à l'époque même de l'ouverture du Concile, les Soviets persécutaient, emprisonnaient et assassinaient des millions de Catholiques.

Sa liberté ainsi étouffée dans une bonne affaire avec les Communistes, le Concile ne mentionna même pas le Communisme. Par ce manquement, le Concile se départit de l'enseignement du Pape Léon XIII, du Bienheureux Pie IX, de Saint Pie X, et aussi du Pape Pie XI, qui rappelaient à l'Église que nous ne pouvions pas cesser de condamner ce mal incomparable. Comme il est dit dans Divini Redemptoris :

Ce péril si menaçant, vous l'avez déjà compris. Vénérables Frères, c'est le communisme bolchevique et athée qui prétend renverser l'ordre social et saper jusque dans ses fondements la civilisation chrétienne.

En face d'un pareil danger, l'Église Catholique ne pouvait se taire et, en fait, elle n'a pas gardé le silence. Le Siège apostolique, qui a pour mission spéciale la défense de la vérité, de la justice, de tous les biens éternels niés et combattus par le communisme, le Siège apostolique, tout particulièrement, n'a pas manqué d'élever la voix.[7]

Et cependant, le Concile n'a voulu prononcer aucun mot sur le Communisme Soviétique mais a voulu, à la place, commencer un «dialogue» avec les forces mêmes combattues autrefois par l'Église.

Pourquoi cela ? Ce ne fut sûrement pas pure «coïncidence» que le silence du Concile sur le Communisme se fit exactement au même moment, que l'infiltration communiste de l'Église Catholique, révélée, ainsi que nous l'avons montré dans un précédent chapitre, juste avant Vatican II par des témoins-clefs qui n'avaient aucun motif de mentir (Dodd, Hyde, Golitsyn, Mitrokhin et d'autres). Même sans ces témoignages, notre sens commun devrait nous dire que les forces du Communisme (travaillant de concert avec la Franc-Maçonnerie) tenteraient inévitablement de détruire l'Église Catholique de l'intérieur. Satan est assez intelligent pour savoir que l'Église Catholique est la seule citadelle contre laquelle il doit diriger la tempête pour s'efforcer de conquérir le monde entier, au profit du royaume des ténèbres.

Telle était alors la situation de l'Église, au moment même où le Concile Vatican II était contraint à tort d'observer le honteux silence sur le mal du Communisme. Et, inutile de le dire, sous l'Accord Vatican-Moscou, la Consécration de la Russie soviétique au Cœur Immaculé par les Pères du Concile, afin de l'amener à se convertir, serait absolument hors de question. Cette dérive précoce vers une nouvelle orientation de l'Église, que le Concile accélérait de façon dramatique, allait déjà en sens opposé au Message de Fatima.

Et ainsi en est-il toujours depuis la rencontre de Metz, qui a développé la recherche de l'Ostpolitik, politique mise en œuvre par le Secrétaire d'État du Vatican, sous laquelle l'Église a cessé toute condamnation et tout combat des régimes communistes, au bénéfice du «dialogue» et de la «diplomatie tranquille» — une politique qui jusqu'à ce jour a réduit au silence le Vatican à propos de la persécution dépravée de l'Église en Chine Rouge.

Donc le 12 octobre 1962, deux prêtres représentants de l'Église orthodoxe débarquèrent d'un avion à l'aéroport Fiumicino et assistèrent au Concile Vatican II. Le Concile commença, alors que des observateurs orthodoxes en regardaient le déroulement, s'assurant qu'était respecté l'Accord Vatican-Moscou. L'intervention écrite de 450 Pères du Concile contre le Communisme fut mystérieusement «perdue» après avoir été portée au Secrétariat du Concile et les Pères du Concile qui se levèrent pour dénoncer le Communisme furent poliment priés de s'asseoir et de se taire.[8]

Les propres chefs de l'Église avaient baissé le pont-levis pour les Communistes, en même temps, Communistes et Francs-Maçons tentaient de La détruire de l'intérieur (pour rappeler les prédictions de Bella Dodd) :

En encourageant «la promotion d'une pseudo-religion, quelque chose qui ressemblerait au Catholicisme, sans l'être vraiment»,

En désignant «l'Église du passé» comme oppressive, autoritaire, pleine de préjugés, arrogante dans sa prétention d'être la seule détentrice de vérité, et responsable des divisions de corps religieux à travers les siècle»,

En humiliant les chefs de l'Église pour les amener «à “l'ouverture au monde” et à une attitude plus souple envers toutes les religions et philosophies.»

Et finalement, selon la prédiction de Dodd, «les communistes exploiteraient alors cette ouverture afin de saper l'Église.»

Ce grand effort de subversion impliquerait d'abord et avant tout, l'assaut de la «théologie» moderniste dans un Concile œcuménique — tout comme s'en étaient vantés le Chanoine Roca et les autres illuminés de la Franc-Maçonnerie.

Les néo-modernistes triomphent au Concile Vatican II

Le 13 octobre 1962, lendemain de l'arrivée des deux observateurs communistes au Concile, et anniversaire même du Miracle du Soleil de Fatima, l'histoire de l'Église et du monde fut profondément changée par le moindre des événements. Le Cardinal Liénart, Évêque de Lille, saisit le micro, lors d'un célèbre incident, et exigea que les candidats proposés par la Curie Romaine, pour présider aux commissions de rédaction du Concile, soient mis de côté et que soit dressée une nouvelle liste de candidats. La demande fut accordée et l'élection ajournée. Finalement, au moment de l'élection, des libéraux, à majorité ou à majorité près, furent élus aux commissions conciliaires — dont beaucoup parmi les «novateurs» mêmes décriés par le Pape Pie XII. Les schémas préparatoires, formulés selon la tradition pour le Concile, furent écartés et le Concile commença littéralement sans ordre du jour écrit, laissant la voie ouverte à la rédaction, par des libéraux, de documents entièrement nouveaux.

Il est notoire et magnifiquement prouvé par des documents[9] qu'une clique de periti (experts) et d'évêques libéraux procéda alors au détournement de Vatican II, avec un ordre du jour destiné à rénover l'Église à leur propre image par la mise en place d'une «nouvelle théologie.» Les critiques aussi bien que les défenseurs de Vatican II sont d'accord sur ce point. Dans son livre, Vatican II Revisité, Monseigneur Aloysius J. Wycislo (avocat passionné de la révolution de Vatican II) déclare avec vertigineux enthousiasme que «des théologiens et des spécialistes bibliques qui étaient “à l'ombre” depuis des années firent surface comme periti (experts en théologie, conseillers des évêques au Concile) et leurs livres et commentaires post-conciliaires devinrent lecture populaire.»[10]

Il a noté que «l'encyclique du Pape Pie XII Humani Generis eut … un effet dévastateur sur l'œuvre d'un certain nombre de théologiens pré-conciliaires»,[11] et montre que «Au début de la préparation du Concile, ces théologiens (surtout des Français avec quelques Allemands), dont les activités avaient été modérées par le Pape Pie XII, étaient encore en disgrâce. Le Pape Jean leva tranquillement le ban qui affectait certains des plus influents. Cependant un certain nombre restèrent suspects aux fonctionnaires du Saint-Office.»[12]

Sur ce point, ce qu'écrit le témoin oculaire Monseigneur Rudolf Bandas, lui-même peritus conciliaire, est d'une importance capitale pour notre cas :

Sans doute le bon pape Jean pensait que ces théologiens suspects rectifieraient leurs idées et rendraient un service authentique à l'Église. Mais ce fut le contraire qui se produisit. Soutenus par certains Pères Conciliaires du Rhin, et agissant souvent d'une manière absolument rustre, ils allaient s'exclamant : «Regardez, nous sommes choisis comme experts, nos idées sont approuvées.» … Quand je suis arrivé à ma tribune au Concile, le premier jour de la quatrième session, la première annonce émanant du Secrétaire d'État fut la suivante : «Plus d'autres periti ne seront engagés.» Mais il était trop tard. La grande confusion était en route. Il était déjà clair que ni Trente, ni Vatican I, ni aucune encyclique ne seraient autorisés à en endiguer l'avancée.[13]

En vérité, le Pape Jean XXIII lui-même fut heureux d'annoncer que, à partir de ce Concile, l'Église cesserait, de manière tout à fait inexplicable, de condamner l'erreur et arrêterait tous ses tourments sur l'affreuse condition du monde :

De nos jours… l'Épouse du Christ préfère user de la médecine de miséricorde plutôt que des armes de la sévérité. Elle considère qu'Elle fait face aux besoins de l'actualité, en montrant la validité de Son enseignement plutôt qu'en publiant des condamnations. … Nous éprouvons la nécessité de nous distinguer de ces prophéties de malheur qui prévoient toujours le désastre, comme si la fin du monde était à portée de la main.[14]

Mais l'optimisme du Pape Jean XXIII était tout à fait à l'opposé de la profonde incertitude sur l'état du monde, qu'il faut noter à travers les discours de ses prédécesseurs immédiats (sans parler du Message de Fatima lui-même). Voici quelques exemples à considérer.

Le Pape Saint Pie X

Nous avons éprouvé une sorte de terreur en considérant les conditions désastreuses de l'humanité à l'heure actuelle. Pouvions-nous ignorer un mal si profond et si grave qui, en ce moment beaucoup plus que dans le passé, la pénètre jusqu'à la moelle et la mène à sa ruine ? … Vraiment quiconque pèse ces choses doit nécessairement et intensément se demander avec crainte si une telle perversion des esprits n'est pas le signe de l'annonce et du commencement des derniers temps … [E Supremi].

Le Pape Pie XI

Dieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l'autorité ne tenant plus son origine de Dieu, mais des hommes, il arriva que... les bases mêmes de l'autorité furent renversées dès la qu'on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d'obéir pour les autres. Inéluctablement, il s'en est suivi un ébranlement de la société humaine tout entière, désormais privée de soutien et d'appui solides.

Le Pape Pie XII (après la fin de la deuxième guerre mondiale)

Nous sommes accablés de tristesse et d'angoisse, en voyant que la méchanceté des hommes pervers est parvenue à un degré d'impiété incroyable et absolument inconnue en d'autres temps [Lettre du 11 février 1949].

Vous savez parfaitement, vénérables Frères, que l'humanité actuelle est emportée vers deux camps opposés, pour ou contre le Christ. Elle court les plus grands dangers ; il en résultera ou le salut du Christ ou d'épouvantables ruines. [Evangelii Praecones, 1951].

A coup sûr, il y aurait des batailles innombrables à Vatican II, entre le groupe international des Pères qui luttaient pour maintenir les dogmes de la Foi et de la Tradition Catholique, et le groupe progressiste du Rhin. Tragiquement, cependant, ce fut l'élément libéral et moderniste qui prévalut, déchaîné par l'optimisme de Jean XXIII, selon lequel la vérité prévaudrait par sa propre force, sans nécessité de condamnations médicinales par le Magistère. Wycislo chante les louanges des progressistes triomphants, tels que Hans Küng, Karl Rahner, John Courtney Murray, Yves Congar, Henri de Lubac, Edward Schillebeeckx et Grégory Baum, qui avaient été tenus pour suspects avant le Concile (pour juste raison) et sont maintenant les phares de la théologie post-Vaticane.[15]

En effet, ceux que le Pape Pie XII considérait impropres à cheminer dans les rues du Catholicisme avaient maintenant le contrôle de la ville. Et comme pour couronner leur succès, le Serment Anti-Moderniste et l' Index des Livres Interdits furent tous deux tranquillement supprimés peu après la clôture du Concile — décision que Monseigneur Graber qualifiait «d'incompréhensible.»[16] Saint Pie X avait prédit juste. Le manque de vigilance de la part de l'autorité avait provoqué la revanche du modernisme.

Deux exemples éminents de néo-modernistes «réhabilités»

Considérons deux exemples des «nouveaux» théologiens qui furent déchaînés sur l'Église pour faire le travail de destruction : Dominque Chenu et Hans Küng.

Chenu était avocat de la Nouvelle Théologie rendue célèbre par Henri de Lubac. Chenu fut condamné pour ses idées progressistes en 1942 sous le Pape Pie XII.[17] Son livre Une école de théologie fut placé à l'Index des Livres Interdits et il perdit son poste de recteur au Collège Dominicain du Saulchoir.[18] Le Père David Greenstock, écrivant dans le Thomist de 1950, contre la Nouvelle Théologie de Chenu et de Lubac, expliqua les dangers de leur système et la raison de leur condamnation. Greenstock souligna que les partisans de la Nouvelle Théologie rejettent la philosophie aristotélicienne et thomiste, en faveur de philosophies modernes. Il faut le faire, proclament-ils, afin d'attirer «l'homme moderne» qui trouve «hors de propos» la philosophie thomiste. Il en résulte que la théologie catholique est abattue de sa base philosophique solide et dérive sur les systèmes philosophiques fluides du 20e siècle, dont la plupart sont basés sur l'athéisme et l'agnosticisme.

Chenu a rejeté aussi l'immutabilité de la doctrine catholique, prétendant que la source de toute théologie n'est pas le dogme immuable, mais plutôt l'existence vitale[19] de l'Église dans ses membres, qui ne peut être séparée de l'histoire. Donc, à strictement parler, dit Greenstock, Chenu a soutenu que «la théologie est la vie des membres de l'Église, plutôt qu'une série de conclusions tirées de données révélées à l'aide de la raison» — principe qui est délicat, imprécis et erroné. En conséquence, Chenu a soutenu que la religion peut changer avec les temps, et devrait changer avec les temps, selon que l'exigent les circonstances.

Greenstock a expliqué que les partisans de cette Nouvelle Théologie sont à la fois non orthodoxes et faux. «La principale contestation de ce nouveau mouvement», écrit Greenstock, «c'est que la théologie, pour demeurer vivante, doit évoluer avec les circonstances. En même temps, ils ont bien soin de répéter toutes les propositions fondamentales de la théologie traditionnelle, presque comme s'il n'y avait aucune intention de l'attaquer. C'est très vrai d'auteurs tels que les Pères de Lubac, Daniélou, Rahner, … dont tous sont incontestablement au centre de ce mouvement.»[20]

L'éminent théologien dominicain, le Père Reginald Garrigou-Lagrange, dans son célèbre essai de 1946 «Où nous mène la Nouvelle Théologie ?»,[21] démontrait que les pourvoyeurs de la Nouvelle Théologie (Blondel, de Lubac, Chenu) pervertissent complètement le concept de l'immutabilité de la vérité. Donc, avertissait-il, la Nouvelle Théologie ne peut que mener dans une seule direction — retour direct au Modernisme.

Pendant ce temps là, le Père Chenu et le Père de Lubac recevaient, des coulisses, protection et encouragement de la part du Cardinal Suhard, Archevêque de Paris. Suhard disait à Chenu de ne pas s'inquiéter : «Dans vingt ans, tout le monde dans l'Église parlera comme vous.» Comme nous le voyons, le Cardinal a prédit exactement l'invasion de l'Église par la pensée néo-moderniste. La plupart des hommes d'Église d'aujourd'hui parlent vraiment comme Chenu. Au début des années 1960, le Père Chenu était un des nombreux théologiens radicaux invités à Vatican II par le Pape Jean XXIII. A la fin, grâce à l'orientation progressiste du Concile, le Père Chenu vit présenter, parmi les nouveaux enseignements de Vatican II, surtout dans Gaudium et Spes. Beaucoup de ses théories formellement condamnées. Chenu rapporte avec joie que les points mêmes qui valurent à son œuvre une condamnation en 1942 sont exactement les mêmes qui sont maintenant mis en avant au nom du Concile.[22]

Quant à Hans Küng, ce «phare» de la période post-conciliaire avait étroitement collaboré au Concile avec d'autres radicaux tels que Congar, Ratzinger, Rahner et Schillebeeckx. Dans les années 1970, cependant, Küng, étant allé «trop loin», fut censuré par le Vatican à cause de certaines vues hérétiques, y compris les suivantes : rejet de l'infaillibilité de l'Église ; déclaration que les évêques ne reçoivent pas du Christ leur autorité d'enseignement ; suggestion que tout laïc baptisé a le pouvoir d'accomplir la Sainte Eucharistie ; le fait de nier que le Christ est «consubstantiel» au Père ; la sape des doctrines (sans spécifier) concernant la Vierge Marie.[23]

Il faut souligner que ce sont là, certaines seulement, des vues hérétiques de Küng, mais ce furent les seules mentionnées parmi les sanctions du Vatican. Donc, en réalité le Vatican a laissé intacts les autres principes hétérodoxes de Küng. Par exemple, dans l'un de ses livres célèbres intitulé « Le fait d'Être Chrétien, Hans Küng » :

nie la Divinité du Christ (p. 130)

ne retient pas les miracles de l'Évangile (p. 233)

nie la résurrection corporelle de Jésus (p. 350)

nie que le Christ ait fondé une Église institutionnelle (p. 109)

nie que la Messe soit le renouvellement du Calvaire (p. 323).[24]

Küng n'a jamais rétracté ces déclarations non-orthodoxes et hérétiques. De plus, Küng a publiquement appelé à une révision de l'enseignement de l'Église sur des sujets tels que l'infaillibilité pontificale, le contrôle des naissances, l'obligation du célibat pour les prêtres et le sacerdoce des femmes. En dépit de ce rejet tapageur de l'enseignement de l'Église, la seule sanction jamais infligée par le Vatican à Küng fut de «ne pas être autorisé» au titre de théologien catholique et, comme tel, de ne pas être autorisé à enseigner la théologie dans une université catholique. Cette «sanction» fut circonvenue quand l'Université de Tübingen, campus de la résidence de Küng, le retint comme professeur enseignant et restructura simplement une partie de l'université de sorte que Küng, grande célébrité, puisse continuer à enseigner dans cette partie de l'université qui est maintenant louée comme école «laïque».

En attendant, le Vatican n'a jamais condamné Küng comme hérétique, ne l'a jamais excommunié (comme le prévoit le Droit Canon), n'a jamais ordonné que ses livres soient retirés des bibliothèques dans les séminaires et universités catholiques (où ils se trouvent maintenant en abondance), ne l'a jamais empêché d'être conférencier-invité dans les institutions catholiques, n'a jamais mis d'obstacles à la parution de ses articles dans Concilium ou autres publications «catholiques» progressistes. Le Père Hans Küng n'est pas même suspendu. Au contraire, jusqu'à ce jour, Küng demeure un prêtre en situation régulière dans le diocèse de Basle, sans autres sanctions canoniques levées contre lui.

Cela signifie qu'un prêtre, qui continue à vomir son venin hérétique sur quiconque à sa portée, est encore autorisé à diriger la liturgie en public, à prêcher et à donner des conseils au confessionnal. La Congrégation Vaticane pour le Clergé, sous la direction du Cardinal Castrillón Hoyos, le laisse indemne. Donc, en dépit de la faible «condamnation» du Vatican, Küng garde accès à une grande variété de «pipelines» d'influence pour disséminer sa doctrine empoisonnée dans toute l'Église. En fait, ce sont, dit-on, les «assauts théologiques» de Hans Küng sur la nature de l'Église sont ce qui a contribué à la «base théologique» qui a rendu possible “l'Accord Luthero-Catholique” de 1999.

Plus tard, en 1998, le Secrétaire d'État du Vatican, le Cardinal Sodano, le plus puissant Cardinal de l'Église, fit la louange de Küng dans un discours public à Saint Jean de Latran, dans lequel il fit la louange «des belles pages de Küng dédiées au mystère chrétien.»[25] Le Cardinal Sodano a aussi désigné Küng comme «le théologien allemand», même si Küng était supposé avoir été dépouillé de ce titre. (C'est le même Cardinal Angelo Sodano qui est finalement derrière la persécution actuelle du Père Nicholas Gruner et de son groupe de Fatima, comme nous le verrons.)

Or, la condamnation de 1942 portée contre Chenu fut beaucoup plus sévère que celle qui fut lancée contre Küng. Cependant, non seulement Chenu survécut, mais devint un phare de l'Église Conciliaire sans jamais changer ses vues erronées. Ce qui est vrai de même pour Rahner, Congar, de Lubac et Von Balthasar — dont tous furent théologiquement suspects avant le Concile mais en vinrent à jouir d'un grand prestige — même sans abandonner jamais une seule de leurs opinions hétérodoxes. Même un Küng a des raisons de croire que, même s'il subit une douce condamnation, c'est simplement inconfort temporaire, gêne ennuyeuse, sort distribué à tous les vrais «prophètes». Tout comme Chenu a vu finalement mettre au grand jour ses opinions hérétiques, grâce à un Concile révolutionnaire, ainsi Küng peut de même se gonfler la poitrine de l'espoir que ses erreurs, dans un avenir pas si lointain, finiront par émerger de facto dans le Catholicisme «courant», bien que non admises par le véritable enseignement du Magistère authentique, qui ne pourrait jamais lier l'Église à de telles erreurs.

Les néo-modernistes saluent la «nouvelle» Église de Vatican II

C'est avec bonne raison donc que les progressistes tels que le Cardinal Suenens, Küng, Louis Bouyer et Yves Congar ont célébré Vatican II comme une Révolution, comme la mort d'une ère et le commencement d'une nouvelle :

Le Cardinal Suenens, qui a exercé une grande influence sur le Pape Paul VI et cher à ceux qui dans l'Église se nomment «charismatiques», se réjouissait que Vatican II ait marqué la fin de l'époque Tridentine et la fin de l'ère Vatican I.[26]

Hans Küng jubilait : «Comparé à l'époque post Tridentine de la Contre-Réforme, le Concile Vatican II représente dans ses caractéristiques fondamentales un virage à 180 degrés … C'est une nouvelle Église qui a surgi depuis Vatican II.»[27]

Le Père Bouyer, peritus français au Concile, s'est écrié avec délices que l'aspect anti-protestant, anti-moderniste de l'Église Catholique «pourrait également mourir.»[28]

De même, le magazine jésuite, basé à Rome La Civiltà Catholica s'est aussi écriée joyeusement : «Avec le Concile Vatican II l'époque tridentine a pris fin pour l'Église.»[29]

Ces déclarations sont surtout audacieuses si l'on considère que les Conciles de Trente et de Vatican I sont des Conciles dogmatiques dont les enseignements ne peuvent jamais être changés, mal considérés ou réinterprétés au nom d'une «compréhension plus profonde.» Le Premier Concile du Vatican a déclaré infailliblement :

La signification des Dogmes Sacrés, qui doit toujours être préservée, est ce qu'a déterminé notre Sainte Mère l'Église. Jamais il n'est possible de permettre de s'en départir au nom d'une compréhension plus profonde.[30]

Les Modernistes, cependant, comme en avertissait le Pape Saint Pie X, n'acceptent rien comme fixe ou stable. Leur premier principe, c'est «l'évolution du dogme.» Ils défendent l'idée que la religion doit changer en raison des circonstances changeantes. A cet égard, comme à beaucoup d'autres, les premiers novateurs de Vatican II se révèlent des hommes imprégnés de l'erreur du Modernisme.

Francs-maçons et communistes se réjouissent

En même temps que les néo-modernistes, les Maçons et les Communistes se sont réjouis de l'issue du Concile. Tout comme l'avaient espéré les auteurs de la Formation Permanente de la Haute Vente, tout comme l'avaient espéré les infiltrés communistes évoqués par Bella Dodd, les notions de culture libérale avaient gagné finalement l'adhésion des principaux acteurs de la hiérarchie catholique. Les Francs-Maçons et les Communistes ont célébré la tournure stupéfiante des événements opérés par le Concile. Ils se réjouissent de ce que les Catholiques aient enfin «vu la lumière», et que beaucoup de leurs principes maçonniques aient été sanctionnés par l'Église.

Par exemple, Yves Marsaudon du Rite d'Écosse dans son livre : «L'Œcuménisme vu par un Franc-Maçon de Tradition» a fait l'éloge de l'œcuménisme nourri à Vatican II. Il a dit :

Les Catholiques … ne doivent pas oublier que tous les chemins mènent à Dieu. Et ils devront accepter que cette courageuse idée de la libre-pensée, que, nous pouvons vraiment appeler une révolution, déversée de nos loges maçonniques, s'est répandue magnifiquement sur le dôme de Saint-Pierre.[31]

Yves Marsaudon fut ravi d'ajouter «On peut dire que l'œcuménisme est le fils légitime de la Franc-Maçonnerie.»[32]

L'esprit post-conciliaire de doute et de révolution a évidemment réchauffé le cœur du Franc-Maçon français Jacques Mitterrand qui a écrit avec approbation :

Quelque chose a changé à l'intérieur de l'Église et les réponses données par le Pape aux questions les plus urgentes telles que le célibat sacerdotal et le contrôle des naissances, sont chaleureusement débattues à l'intérieur de l'Église Elle-même ; la parole du Souverain Pontife est mise en question par les évêques, par les prêtres, par les fidèles. Pour un Franc-Maçon, un homme qui remet en question le dogme est déjà un Franc-Maçon sans tablier.[33]

Marcel Prelot, sénateur de la région du Doubs en France, est probablement le plus précis dans la description de ce qui s'est vraiment passé. Il a écrit :

Nous combattions depuis un siècle et demi pour faire prévaloir nos opinions à l'intérieur de l'Église et n'avions pas réussi. Vint finalement Vatican II et nous avons triomphé. Depuis lors, les propositions et principes du catholicisme libéral ont été absolument et officiellement acceptés par la Sainte Église.[34]

Les Communistes furent également ravis des résultats du Concile. Comme le Parti Communiste Italien déclarait en 1964 à son 1e Congrès du Parti : «L'extraordinaire “réveil” du Concile, comparé à bon droit aux États Généraux de 1789, a montré au monde entier que la vieille Bastille politico-religieuse est secouée jusqu'à ses fondations.»[35] L'Unita, publication Officielle du Parti Communiste Italien, donna effrontément son avis au Pape Paul VI concernant l'Archevêque Marcel Lefebvre qui menait l'opposition traditionaliste aux libéraux conciliaires et avait milité pour une condamnation conciliaire du Communisme : «Soyez conscients du danger que représente Lefebvre, et continuez le magnifique mouvement d'approche commencé avec l'œcuménisme de Vatican II.»[36]

Toute une nouvelle «orientation» pour l'Église

Rien de surprenant dans les exclamations publiques de ravissement à propos de Vatican II de la part des astres néo-Modernistes, Communistes et Francs-Maçons. Il était évident, pour quiconque avait des yeux pour voir, que le Concile Vatican II semblait embrasser les idées qui avaient été condamnées par le Bienheureux Pape Pie IX dans le Syllabus d'Erreurs, mais étaient dans la foulée de la pensée moderniste. (Comme nous en discuterons plus loin, le Cardinal Ratzinger lui-même a présenté certains aspects des enseignements du Concile comme un «contre-syllabus».) Ce n'est pas arrivé par accident, mais à dessein. Les progressistes de Vatican II cherchaient à éviter des déclarations directes qui apparaîtraient comme erreurs modernistes condamnées. Ils ont aussi délibérément placé, dans les textes du Concile, des ambiguïtés qu'ils avaient l'intention d'exploiter après le Concile.[37]

En utilisant des ambiguïtés délibérées, les documents du Concile donnaient l'élan a un œcuménisme qui avait été condamné par le Pape Pie XI, une liberté religieuse pour de fausses sectes qui avaient été condamnées par les Papes du 19e siècle (principalement par le Bienheureux Pape Pie IX), une nouvelle liturgie alignée sur le Protestantisme et l'œcuménisme que l'Archevêque Bugnini[38] appelait «une conquête majeure de l'Église Catholique», une collégialité qui atteint au cœur la primauté papale, et «une nouvelle attitude vers le monde» — surtout dans l'un des plus radicaux de tous les documents conciliaires, Gaudium et Spes. Même le Cardinal Ratzinger a admis que Gaudium et Spes est imprégné de l'esprit de Teilhard de Chardin.[39]

Le résultat de tout cela ne fut rien d'autre qu'une orientation tout à fait nouvelle de l'Église ou ce que le Pape Paul VI a qualifié «d'ouverture au monde.» Comme le Pape Paul VI lui-même fut forcé de l'admettre, cependant, l'ouverture au monde s'est avérée un désastreux mécompte.

Le Pape Paul VI reconnaît que l'Église a été envahie par la pensée du monde

Comme le Pape Paul VI, lui-même l'a reconnu, huit ans seulement après le Concile, «l'ouverture au monde est devenue une véritable invasion de l'Église par la pensée du monde. Nous avons été peut-être trop faibles et imprudents.» Trois ans seulement après le Concile, le Pape Paul VI avait admis que «l'Église est dans une période troublée d'autocritique, ou, pour mieux dire d'auto démolition.»[40] Et en 1972, dans la formule peut-être la plus étonnante jamais prononcée par un Pontife Romain, Paul VI déplorait que «d'un point ou l'autre, la fumée de Satan ait pénétré dans le temple de Dieu.»[41]

Examinons certaines des raisons manifestes de ces aveux stupéfiants du Pape Paul VI.

L'Église s'ouvre au «dialogue» avec ses ennemis communistes et francs-maçons

C'est avec Vatican II que commença la grande entreprise de collaboration avec les forces du monde, la grande ouverture au monde. Ce n'est nulle part plus apparent que dans Gaudium et Spes lui-même qui déclare : «Par une étude incessante ils» — c'est-à-dire tous les prêtres de l'Église Catholiques, tous les évêques, tous les membres de la hiérarchie — «devraient se disposer à faire leur part en établissant le dialogue avec le monde et avec des hommes de toutes nuances d'opinion.»

Or, on objectera : Quel mal y a t il dans la collaboration pacifique et le dialogue avec des hommes de toute nuance d'opinion, dans ces domaines où l'Église peut trouver quelque sorte d'accord de base ? Ici encore les Papes pré-conciliaires nous ont avertis sur l'une des ruses et illusions du démon, sous apparence de bien. Parlant précisément sur cet appel à collaborer et dialoguer avec les Communistes pour des causes prétendues communes à toute l'humanité — ce qui est en réalité l'appel du démon pour que l'Église dépose les armes et rejoigne l'ennemi — le Pape Pie XI nous donne l'avertissement suivant dans Divini Redemptoris :

Le communisme athée s'est montré au début tel qu'il était, dans toute sa perversité, mais bien vite il s'est aperçu que de cette façon il éloignait de lui les peupler ; aussi a-t-il changé de tactique et s'efforce-t-il d'attirer les foules ; par toutes sortes de tromperies, en dissimulant ses propres desseins sous les idées en elles-mêmes bonnes et attrayantes...

Ainsi encore, sous divers noms de s'infiltrer jusqu'en des associations franchement catholiques et religieuses. Ils invitent les catholiques à collaborer avec eux sur le terrain humanitaire et charitable, comme on dit, en proposant parfois même des choses entièrement conformes à l'esprit chrétien et à la doctrine de l'Église...

Veillez, Vénérables Frères, à ce que les fidèles ne se laissent pas tromper. Le communisme est intrinsèquement pervers, et l'on ne peut admettre sur aucun terrain la collaboration avec lui de la part de quiconque veut sauver la civilisation chrétienne.[42]

Le Pape Pie XI n'aurait pu être plus clair sur le devoir de fuir le «dialogue» et la collaboration avec les Communistes. Et pourquoi ? Les Italiens ont un dicton : Dimmi con chi vai, e ti diro che sei — «Dis-moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es.» Comme l'a reconnu le Pape Pie XI, si on s'associe avec une certaine catégorie de personnes, on subira inévitablement leur influence pour devenir comme eux, malgré soi. Si on collabore avec les forces du monde, on a tendance a être séduit, on leur deviendra semblable. Si l'Église S'ouvre au monde en cessant Son opposition aux pouvoirs qu'Elle a autrefois combattus, et si Elle dit, au contraire, que l'Église va maintenant collaborer et dialoguer avec Ses ennemis, Ses membres, avec le temps, deviendront semblables à ceux qu'Elle a autrefois combattus. Et de l'ouverture au monde il résultera que l'Église deviendra semblable au monde — comme le Pape Paul VI lui-même fut forcé de l'admettre dans la citation ci-dessus.

L'Église se «réconcilie» avec le libéralisme

Ces «conservateurs» qui nient que Vatican II constitue une rupture avec la tradition ou contredit les enseignements précédents, ont omis d'écouter les novateurs et agitateurs mêmes du Concile qui reconnaissent impudemment la vérité. Yves Congar, l'un des «experts» du Concile et l'un des principaux artisans des réformes du Concile a fait remarquer avec une tranquille satisfaction que «l'Église a eu, pacifiquement, sa Révolution d'Octobre.»[43] Congar a également reconnu, comme si on pouvait s'en glorifier que la Déclaration sur la Liberté Religieuse de Vatican II est contraire au Syllabus du Pape Pie IX.[44] Il a dit :

On ne peut nier que l'affirmation de liberté religieuse par Vatican II dit textuellement autre chose que le Syllabus de 1864, et même presque juste le contraire des propositions 16, 17 et 19 de ce document.[45]

Congar suggère ainsi joyeusement que Vatican II a défait une infaillible condamnation d'erreur par le Pape.

Très remarquables sont les déclarations du progressiste Cardinal Suenens, l'un des prélats les plus libéraux du 20e siècle, lui-même Père du Concile, qui parla avec feu des anciens régimes qui se sont écroulés. Les paroles qu'il a employées pour louer le Concile sont extrêmement évocatrices, peut-être les plus à faire frémir et les plus injurieuses de toutes. Suenens a déclaré : «Vatican II est la Révolution Française de l'Église.»[46]

Et il y a quelques années seulement, nul autre que le Cardinal Ratzinger, apparemment paisible devant de tels aveux, y ajouta l'un des siens. Selon lui, le texte conciliaire de Gaudium et Spes n'est rien moins qu'un «contre Syllabus». Il a dit :

S'il est souhaitable d'offrir un diagnostic du texte (Gaudium et Spes) dans son ensemble, nous dirions peut-être que (quant aux textes sur la liberté religieuse et les religions du monde) c'est une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-syllabus … Contentons-nous de dire ici que le texte sert de contre-syllabus et, en tant que tel, représente de la part de l'Église,une tentative de réconciliation officielle avec la nouvelle ère inaugurée en 1789 … La déloyauté de la position adoptée par l'Église sous Pie IX et Pie X en réponse à la situation créée par la nouvelle phase de l'histoire inaugurée par la Révolution Française fut, en grande mesure, corrigée via facti, surtout en Europe Centrale, mais il n'y avait encore aucune déclaration de base sur la relation qui devait exister entre l'Église et le monde telle qu'elle avait commencé d'exister après 1789. En fait, une attitude qui fut en grande partie pré-révolutionnaire continua d'exister dans des pays à forte majorité catholique. Presque personne ne niera aujourd'hui que les Concordats espagnols et italiens se sont efforcés de préserver trop d'une manière de voir le monde qui ne correspond plus aux faits. Presque personne ne niera aujourd'hui que, dans le domaine de l'éducation et eu égard à la méthode de critique historique dans la science moderne, il existait des anachronismes qui correspondaient étroitement à cette adhésion à une relation obsolète entre l'Église et l'État.[47]

Prenez en considération la simple audace d'un Cardinal accusant «de partialité» deux des plus grands Papes de l'histoire de l'Église, dans leurs efforts de protéger l'Église contre les erreurs du libéralisme et du modernisme ! Selon le Cardinal Ratzinger lui-même, au Concile Vatican II, l'Église a fait «la tentative» de «corriger» et de «contrecarrer» l'enseignement du Bienheureux Pie IX et du Saint Pie X et de se réconcilier, par contre, avec la Révolution Française et les Lumières.

Mais ce fut le but même de la Formation Permanente, code de la Maçonnerie pour la subversion de l'Église ! C'est précisément pourquoi, dans son Syllabus d'erreurs, le Bienheureux Pie IX a condamné la proposition que «le Pontife Romain peut et doit se réconcilier et se mettre en bons termes avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne.» (Proposition # 80 Condamnée.) Et Saint Pie X dans sa lettre apostolique : Notre Charge Apostolique, a condamné le mouvement du Sillon en France, adressant des reproches à ses membres parce que : «Ils ne craignent pas de faire des rapprochements blasphématoires entre l'Évangile et la Révolution.»

Mais selon le Cardinal Ratzinger, «il ne peut y avoir aucun retour au Syllabus, qui a peut-être masqué la première étape de la confrontation avec le libéralisme, mais ne peut être la dernière étape.»[48] Et quelle est cette dernière «étape» dans la «confrontation avec le libéralisme» ? Apparemment, selon les vues du Cardinal Ratzinger, c'est, pour l'Église, l'acceptation des idées mêmes qu'Elle a autrefois condamnées ! Confronter le libéralisme en se réconciliant avec lui. De quelle sorte de double langage s'agit-il ? La «confrontation» de Ratzinger n'est rien de plus qu'une abjecte abdication.

De plus, selon l'opinion du Cardinal Ratzinger, non seulement les condamnations du libéralisme dans le Syllabus du Bienheureux Pie IX, mais aussi l'enseignement anti-moderniste de Saint Pie X dans Pascendi, doivent maintenant être considérés comme périmés. En 1990, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a publié une «Instruction sur la Vocation Ecclésiastique du Théologien.» En exposant «l'Instruction» à la presse, le Cardinal Ratzinger prétendit que certains enseignements du Magistère «n'étaient pas considérés comme parole finale sur le sujet en tant que tels, mais devaient, plutôt servir d'amarres dans le problème et surtout, d'expression de prudence pastorale, une sorte de disposition temporaire.»[49] Comme exemples de ces «dispositions temporaires», Ratzinger cita «les déclarations des Papes, au cours du siècle dernier, sur la liberté religieuse, ainsi que les décisions anti-modernistes au début de ce siècle...»[50] - c'est-à-dire l'enseignement anti-moderniste de Saint Pie X au début des années 1900.

Ces commentaires du Cardinal Ratzinger devraient troubler tout Catholique, non seulement parce qu'ils reconnaissent que le Concile a embrassé un but caressé par les ennemis de l'Église, mais parce qu'ils viennent de l'homme même qui, à la tête de la Sacrée Congrégation de la Doctrine de la Foi (CDF), est supposé responsable de garder la pureté pour la Doctrine catholique. Et comme nous allons le voir bientôt, c'est le même homme qui a mené la charge pour en finir avec la compréhension catholique traditionnelle du Message de Fatima.

L'Église catholique Romaine est exclusivement la seule véritable Église du Christ :

Cet enseignement est abandonné

Comme la tentative de réconcilier l'Église avec les principes de la Révolution Française neutraliserait l'ancienne opposition catégorique de l'Église aux erreurs de l'ère moderne, ainsi «l'aventure œcuménique» lancée au Concile amènerait bientôt de facto l'abandon de tous les efforts pour convertir les Protestants et les schismatiques à la foi catholique — comme dans la conversion de la Russie.

En même temps, le Concile a embrassé le «mouvement œcuménique» — seulement 35 ans après sa condamnation par le Pape Pie XI dans son encyclique, Mortalium Animos — le document Lumen Gentium du Concile a jeté dans la confusion toute la doctrine de l'Église Catholique comme seule véritable Église. Selon Lumen Gentium, «l'Église du Christ … subsiste dans l'Église Catholique.» (c'est nous qui soulignons)

Voilà quelque chose d'ahurissant. Pourquoi le document ne proclame-t-il pas clairement ce que l'Église Catholique a toujours enseigné, comme on le voit dans les encycliques de Pie XII — c'est-à-dire que la seule Véritable Église du Christ est l'Église Catholique ?[51] Pourquoi employer un terme favorable à l'erreur progressiste selon laquelle l'Église du Christ dépasse en fait les limites de l'Église Catholique, de sorte que les sectes schismatiques et protestantes, «de quelque manière mystérieuse», font partie de l'Église du Christ (ou lui sont reliées) ? Cette erreur, basée sur l'usage conciliaire du mot «subsiste», est répercutée avec éclat par le Père Avery Dulles, récemment créé Cardinal par le Pape Jean-Paul II :

L'Église de Jésus-Christ n'est pas exclusivement identique à l'Église Catholique Romaine. Elle subsiste en effet dans le Catholicisme Romain, mais elle est aussi présente, sous des modes et à des degrés divers, dans d'autres communautés chrétiennes, dans la mesure où elles sont aussi ce que Dieu a inauguré en Jésus et obéissent aux inspirations de l'Esprit du Christ. En conséquence de leur participation commune à la réalité de la seule Église, les différentes communautés chrétiennes sont déjà en communion réelle mais imparfaite.[52]

De même, le Cardinal Ratzinger encore une fois, embrasse les vues de la «nouvelle théologie.» Dans une interview avec le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Cardinal Ratzinger a dit ce qui suit :

Quand les Pères du Concile ont remplacé le mot «est» par le mot «subsistit» (subsiste), ils l'ont fait pour une raison très précise. Le concept exprimé par «est» (être) est beaucoup plus large que celui exprimé par «subsiste.» «Subsister» est une manière très précise d'être, c'est-à-dire d'être comme sujet qui existe en lui- même. Ainsi les Pères du Concile ont voulu dire que l'être de l'Église en tant que telle est une entité plus large que l'Église Catholique Romaine, mais à l'intérieur de cette dernière, il acquiert de manière incomparable, le caractère d'un sujet propre et véritable.[53]

Le Cardinal Ratzinger déclare que les Pères du Concile ont eu l'intention de dire que «l'être» de l'Église est plus vaste que l'Église Catholique, mais sa déclaration est fausse. La généralité des Pères du Concile n'avait pas l'intention de contredire l'enseignement du Pape Pie XII selon lequel l'Église du Christ est l'Église Catholique, non pas quelque vague «entité» qui est «plus vaste» que l'Église Catholique.

En vérité, ce fut l'intention de Ratzinger d'utiliser l'ambiguïté pour saper l'enseignement traditionnel selon lequel la seule et unique Église du Christ est l'Église Catholique — intention qu'il partageait avec ses pareils, partisans de la «nouvelle théologie» au Concile Vatican II. Nous le savons parce que ce fut le Père Ratzinger lui-même, en tant que peritus théologique au Concile, qui introduisit le terme «subsistit» (subsiste) dans le projet du document conciliaire Lumen Gentium. Il inséra ce terme à l'instigation d'un Ministre Protestant, le Pasteur Schmidt, d'Allemagne.

Si le lecteur trouve déconcertante l'explication du Cardinal Ratzinger à propos de l'usage du terme «subsistit» (subsiste), qu'il sache que c'était intentionnel. «Subsiste» et «est» peuvent, cependant, signifier la même chose, contrairement à ce que suggère Cardinal Ratzinger. A cause de la précision qui devrait caractériser tout document conciliaire, le Concile aurait dû déclarer clairement que «l'Église du Christ subsiste seulement dans l'Église Catholique.» Mais comme l'a reconnu le Père Edouard Schillebeeckx, autre peritus conciliaire, ses confrères libéraux avaient délibérément inséré des ambiguïtés dans les textes conciliaires,[54] sachant que, plus tard, ils pourraient les interpréter de manière hétérodoxe après le Concile.

C'est précisément ce que fait maintenant le Cardinal Ratzinger avec le terme ambigu «subsistit» (subsiste). En vérité, le texte allemand original de l'entrevue citée ci-dessus dans le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung montre que le Cardinal Ratzinger est encore plus radical dans son écart de l'enseignement du Pape Pie XII : «... die Konzilsväter das von Pius XII gebrauchte Wort “ist” durch “subsistit” ersetzten» — littéralement, «... les Pères du Concile ont remplacé le mot “est”, utilisé par Pie XII, par “subsistit”» — c'est-à-dire, le Cardinal Ratzinger avoue que Vatican II a remplacé la terminologie du Pape Pie XII — grâce à nul autre que le Cardinal Ratzinger et son ami le ministre protestant ! Pire encore, la version originale allemande de l'entrevue déclare aussi : «So wollten die Väter sagen : Das Sein der Kirche als solches reicht viel weiter als die romisch-katholische Kirche», — littéralement : «Ainsi les Pères ont voulu dire : l'être de l'Église en tant que telle s'étend bien au-delà de l'Église Catholique Romaine.»[55] Donc, Dulles et Ratzinger contredisent carrément l'enseignement catholique de tous les temps, selon lequel l'Église du Christ existe exclusivement dans l'Église Catholique. Cependant leur opinion est maintenant l'interprétation de Vatican II.

Nous voyons là un premier exemple de la manière dont les «nouveaux théologiens» de Vatican II se sont passé le ballon tout en faisant croire que c'était le «Concile» qui faisait la passe.

L'Église ne cherche plus la conversion et le retour des hérétiques et schismatiques

Avec cette nouvelle manière de voir «l'Église du Christ» comme beaucoup plus vaste que l'Église Catholique Romaine, rien d'étonnant que, après 40 ans «d'activité œcuménique», même les prélats du Vatican rejettent maintenant ouvertement le retour à Rome des Protestants et des schismatiques.

Un exemple éminent de cet écart de l'enseignement traditionnel, c'est la récente déclaration du Cardinal Walter Kasper, ancien secrétaire du plus éminent hérétique post-conciliaire de l'Église, Hans Küng. Kasper, dont les opinions modernistes sont bien connues à travers toute l'Église, fut créé Cardinal par le Pape Jean-Paul II en février 2001 et jouit maintenant du titre de Préfet du Conseil Pontifical du Vatican pour la Promotion de l'unité des Chrétiens. Kasper a dit :

… Aujourd'hui, nous ne comprenons plus l'œcuménisme au sens d'un retour, selon lequel les autres «seraient convertis», et reviendraient se faire «catholiques.» Ceci fut expressément abandonné au Concile Vatican II.[56]

En fait, la déclaration de Kasper méprise le dogme infaillible trois fois défini «hors de l'Église, point de salut» (extra Ecclesia nulla salus). La formulation réelle de ces trois définitions solennelles, infaillibles (et donc inchangeables)[57] qui engagent tous les Catholiques[58] (de quelque rang qu'ils soient, y compris Cardinaux et Papes) à croire sous peine d'excommunication automatique (en se mettant hors de l'Église Catholique) sont les suivantes :

Il n'y a qu'une seule Église universelle des fidèles, hors de laquelle absolument personne n'est sauvé. (Pape Innocent III, Quatrième Concile du Latran, 1215 ; D.S. 802 ; Dz-Hünermann 802)

Nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu'il est absolument nécessaire au salut de toute créature humaine d'être soumise au Pontife Romain. (Pape Boniface VIII, BulleUnam Sanctam, 1302 ; D.S. 875 ; Dz- Hünermann 875)

La très Sainte Église romaine croit fermement, professe et prêche qu'aucun de ceux qui existent hors de l'Eglise Catholique, non seulement les païens, mais aussi les juifs, les hérétiques et les schismatiques, ne peuvent avoir part à la vie éternelle, mais sont destinés au feu éternel qui fut «préparé pour le démon et ses anges» (Matt. 25 :41), à moins que, avant la mort, ils l'aient rejointe ; et si importante est l'unité de ce corps ecclésiastique que seuls ceux qui restent dans cette unité peuvent bénéficier du salut par les sacrements de l'Église, et eux seuls peuvent recevoir une récompense éternelle pour leurs jeûnes, leurs aumônes, leurs autres œuvres de piété chrétienne et les services d'un soldat du Christ. Nul, si importantes que puissent être ses aumônes, nul, même en versant son sang pour le Nom du Christ, ne peut être sauvé, s'il ne demeure dans le sein et l'unité de l'Église Catholique. (Pape Eugène IV, Bulle Cantate Domino, 1442 ; D.S. 1351 ; Dz-Hünermann 1351)58

Par cet enseignement, il ne faut pas comprendre que soit écartée la possibilité de salut pour ceux qui ne deviennent pas membres effectifs de l'Église Catholique si, sans aucune faute de leur part, ils ne connaissent pas leur obligation objective de le faire. Néanmoins, comme l'a enseigné le Bienheureux Pape Pie IX dans Singulari Quadem, les Catholiques ne doivent pas se préoccuper de discussions insignifiantes sur le salut pour ceux qui ne sont pas membres effectifs de l'Église, puisque Dieu seul sait qui Il sauvera (de manière extraordinaire) parmi la grande masse de l'humanité qui n'a pas extérieurement professé la religion catholique. Pour cette raison, le Bienheureux Pie IX — béatifié par le Pape Jean-Paul II lui-même — a exhorté les fidèles à tenir ferme au dogme «hors de l'Église pas de salut» et à continuer, avec une ferveur toujours plus grande, l'œuvre divinement engagée de faire de toutes les nations des disciples. Quant au sort de ceux qui demeurent hors de l'Église visible, Sa Sainteté nous a avertis que «toute information plus approfondie est illégitime.»

Qui peut douter de la sagesse des avertissements du Bienheureux Pape Pie IX ? En vérité, l'Église a aussi enseigné constamment et infailliblement que nul en ce monde (sauf révélation privée spéciale) ne peut savoir avec absolue certitude l'état subjectif d'aucune âme, encore moins si une âme même — la sienne propre — est au nombre des élus. Puisqu'il n'est pas possible pour l'Église de présumer du salut ou de la damnation de qui que ce soit, les ministres de l'Église sont liés par le devoir de chercher la conversion de tout homme, femme et enfant sur la surface de la terre, suivant l'ordre même de Notre-Seigneur : «Allez, faites des disciples de toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, leur enseignant à observer tout ce que Je vous ai commandé (Matt. 28 :19-20). Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé. Celui qui ne croira pas sera condamné.» (Marc 16 :16)

En déclarant que les Protestants ne sont plus obligés de se convertir au Catholicisme, le Cardinal Kasper contredit carrément l'enseignement infaillible du Magistère et le commandement de Notre-Seigneur Lui-même. Le point de vue de Kasper est en pleine contradiction avec l'enseignement constant de l'Église selon lequel la seule voie de salut pour l'unité chrétienne est le retour des dissidents à l'Église Catholique par leur conversion. L'admonition du Saint-Office en 1949 par le Pape Pie XII, par rapport au «mouvement œcuménique», avertissait les évêques que, pour toutes discussions «œcuménique» qu'ils puissent autoriser, ils devaient présenter aux interlocuteurs protestants «la Vérité catholique», et «l'enseignement des Encycliques des Pontifes Romains sur le retour des dissidents à l'Église.»[59] La doctrine catholique du retour des dissidents a été réaffirmée par le Pape Pie XII le 20 décembre 1949 : «La doctrine catholique devra être proposée et exposée totalement et intégralement : Ce que l'Église Catholique enseigne sur la vraie nature et les moyens de justification, sur la constitution de l'Église, sur la primauté de la juridiction du Pontife Romain, sur la seule véritable union qui s'accomplit par le retour des dissidents à la seule véritable Église du Christ, ne doit pas être passé sous silence ni voilé sous des paroles ambiguës.»[60]

Kasper, au moins, dit ouvertement ce que la plupart des prélats d'aujourd'hui semblent croire de toute façon, sans jamais le confirmer ni le nier. La politique de Kasper en fait représente «l'esprit dominant de Vatican II.» Ceci fut confirmé par nul autre que le Cardinal Ratzinger, quand il était encore le Père Ratzinger, dans son livre de 1966 : Theological Highlights of Vatican II (Points théologiques). Dans Points théologiques, Ratzinger prétend que le Concile avait donné à l'Église une nouvelle orientation vers les non catholiques, qui dispense de tout appel à leur conversion :

L'Église Catholique n'a pas le droit d'absorber les autres Églises. … Une unité de base — d'Églises qui restent des Églises, devient pourtant une seule Église — doit remplacer l'idée de conversion, même si la conversion garde sa signification pour ceux qui, en conscience, sont motivés pour la rechercher.[61]

Or le Cardinal Ratzinger a écrit ce livre pendant le Concile. Comme collaborateur de Karl Rahner, il fut considérablement impliqué dans la rédaction des documents conciliaires. Il est bien placé pour nous dire quelles étaient les vraies intentions des «architectes» de Vatican II, qu'il ne faut pas confondre avec l'intention des Pères du Concile eux-mêmes. Et il déclare que l'enseignement de Vatican II, selon ceux qui ont rédigé les documents, fut que la conversion est une option.[62] C'est-à-dire, selon Ratzinger, les non-Catholiques n'ont pas besoin de se convertir à la véritable Église — que ce soit pour le salut ou pour l'unité.

Ce point de vue n'est pas moins radical que celui du Père Edouard Schillebeeckx, autre peritus progressiste du Concile, qui fut examiné par le Vatican après le Concile, (mais jamais sanctionné) pour son refus manifeste de différents dogmes catholiques. Schillebeeckx exultait «Au Concile Vatican II, l'Église Catholique a officiellement abandonné son monopole sur la religion chrétienne.»[63]

De même, un journal «catholique» du Service International de Documentation Judéo-chrétienne basé à Rome (SIDIC)[64] parlait de la nouvelle orientation de Vatican II envers les non catholiques. En 1999, il attirait l'attention sur ce qu'il considère être le «principal problème» avec les soi-disant «Catholiques traditionnels», y compris l'Archevêque Lefebvre :

Le refus de Lefebvre d'accepter l'œcuménisme trouve son origine dans les enseignements clairs du Magistère : l'encyclique Satis Cognitum de Léon XIII (1896) ; l'encyclique Mortalium Animos de Pie XI (1928) ; l'Instruction du Saint-Office du 20 décembre 1949 concernant l'œcuménisme. Le seul œcuménisme accepté par Lefebvre et ses adeptes est celui qui lutte de toutes ses forces pour le retour inconditionnel des membres des autres confessions à la seule Église du Christ, l'Église Catholique Romaine. Ce sectarisme endurci est précisément le genre de logique que Vatican II, par une profonde réflexion sur la nature de l'Église a refusé d'accepter...[65]

La nouvelle déclaration selon laquelle, les non-Catholiques n'ont pas besoin de se convertir parce que «de quelque manière mystérieuse», ils font partie de l'Église du Christ,[66] méprise l'enseignement permanent de l'Église sur la nécessité pour les non-Catholiques d'abandonner leurs erreurs et de revenir à la seule véritable Église de Jésus-Christ, comme l'ont enseigné unanimement les Papes pré-conciliaires.

Il existe les cas relatés de Cardinaux du Vatican, évidemment dans la ligne de cette même fausse interprétation du Concile, qui découragent activement les non-Catholiques désireux de se convertir au Catholicisme. Catholic Family News a publié l'histoire du Père Linus Dragu Popian, qui avait été élevé dans la religion orthodoxe roumaine. En 1975, il risqua sa vie pour échapper à la Roumanie communiste et se présenta comme Séminariste au Vatican, exprimant son désir de se convertir au Catholicisme. Le Secrétaire d'État d'alors, le Cardinal Villot, et d'autres Cardinaux du Vatican, furent horrifiés. Ils ont dit au jeune Popian qu'il ne devait pas fuir le communisme et ne devait pas devenir Catholique, parce que cela nuirait aux relations du Vatican avec la Roumanie communiste et l'Église orthodoxe de Roumanie.[67]

Il y a eu peu de changement à Rome depuis lors. Monseigneur Fellay de la Fraternité Saint Pie X a relaté, dans une entrevue récente, qu'il avait rencontré un Évêque schismatique (orthodoxe) qui voulait se convertir à l'Église Catholique. Monseigneur Fellay lui conseilla de s'adresser directement à Rome. Quand l'évêque orthodoxe dit au Vatican qu'il voulait devenir Catholique, «ce fut la panique.» Le lendemain, le Cardinal Neves, Préfet de la Congrégation des Évêques, dit à l'évêque schismatique : «Votre Excellence, ce n'est pas nécessaire de vous convertir. Depuis le Concile, les choses ont changé ! Il n'y a plus besoin de se convertir.»[68]

Ce refus délibéré d'autorisation pour un Évêque Orthodoxe schismatique de retourner à Rome est complètement dans la ligne de la Déclaration de Balamand en 1993, négociée entre certains fonctionnaires du Vatican et différentes Églises Orthodoxes. Dans ce document, le représentant du Vatican (le Cardinal Cassidy du Conseil Pontifical pour «l'Unité des Chrétiens») a reconnu, en fait, que grâce aux «perspectives totalement modifiées et donc, aux attitudes» engendrées par Vatican II, l'Église Catholique va former de nouveaux prêtres «pour paver la voie à de futures relations entre les deux Églises, outrepassant à l'ecclésiologie périmée du retour à l'Église Catholique.»[69]

C'est une hérésie de déclarer «ecclésiologie périmée» l'enseignement constant du Magistère sur le retour des dissidents (hérétiques et schismatiques) à la seule véritable Église comme le seul moyen de véritable unité des Chrétiens, puisque cela contredit carrément, non seulement l'enseignement de l'Église sur le retour des dissidents, mais aussi le dogme Catholique infailliblement défini hors de l'Église, pas de salut.

L'abandon de l'enseignement traditionnel de l'Église dans ce domaine ne représente pas «la charité» envers les frères séparés mais plutôt un recul devant le devoir de l'Église de leur dire la simple vérité. De nouveau, le résultat n'est pas un bienfait pour les non-Catholiques, mais plutôt un affaiblissement de l'Église en proie au scandale, à peine capable de servir de levain à la société, comme elle est censée l'être. En attendant que l'Église, institution divine aussi bien qu'humaine, soit inévitablement restaurée en sa première vigueur, comme après d'autres crises de Son passé, l'Église et le monde subiront de grandes souffrances jusqu'à la fin de cette crise de la foi.

L'abandon de la Royauté sociale du Christ

En conséquence de la nouvelle orientation de l'Église depuis Vatican II, il y a eu un abandon de factode l'enseignement constant de l'Église sur la royauté sociale du Christ. Selon cet enseignement, non seulement les individus, mais toutes les nations, ont l'obligation de se soumettre au Christ et de se conformer à Son enseignement. C'est l'enseignement du Christ, non le «dialogue» avec les incroyants, qui amènera la paix au monde ; c'est Son Église qui doit servir d'instrument principal pour la paix mondiale. L'enseignement constant de l'Église, sur cette doctrine, est résumé avec une admirable concision par le Pape Pie XI dans son encyclique Ubi Arcano Dei :

L'Église, qui détient la vérité et le pouvoir du Christ, a seule mission de donner aux esprits la formation qui convient ; elle est aussi seule en mesure non seulement de rétablir aujourd'hui la véritable paix du Christ, mais encore de la consolider pour l'avenir en conjurant les menaces imminentes de nouvelles guerres que Nous avons signalées. Seule en vertu d'un mandat et d'un ordre Divin, l'Église enseigne l'obligation pour les hommes de conformer à la loi éternelle de Dieu toute leur activité, publique aussi bien que privée, en tant que particuliers comme en tant que membres de la collectivité ; par ailleurs, il est évident que ce qui a trait au sort du grand nombre a une importance beaucoup plus grande.

Le jour où États et Gouvernements se feront un devoir sacré de se régler, dans leur vie politique, au dedans et au dehors, sur les enseignements et des préceptes de Jésus-Christ, alors, mais alors seulement, ils jouiront à l'intérieur d'une paix profitable, entretiendront des rapports de mutuelle confiance, et résoudront pacifiquement les conflits qui pourraient surgir...

C'est qu'il n'est point d'institution humaine en mesure d'imposer à toutes les nations une sorte de Code international, adapté à notre époque, analogue à celui què régissait au moyen age cette véritable Société des Nations qui s'appelait la chrétienté. Elle aussi a vu commettre en fait beaucoup trop d'injustices ; du moins la valeur sacrée du droit demeurait incontestée, règle sûre d'après laquelle les nations avaient à rendre leurs comptes.[70]

Parlant d'efforts pour obtenir la paix mondiale au moyen d'une Ligue de Nations, le Pape Pie XI déclarait :

Une tentative dans ce sens a déjà été faite et est encore en cours, maintenant ; ses résultats cependant sont presque négligeables et surtout dans la mesure où ils touchent pour ainsi dire ces questions majeures qui divisent sérieusement et servent à soulever les nations l'une contre l'autre. Aucune institution purement humaine d'aujourd'hui ne peut parvenir à créer une série de lois internationales, correspondant aux conditions du monde, avec autant de succès que le Moyen-Age à posséder cette vraie Ligue des Nations, la Chrétienté. Il est indéniable que, au Moyen-Age, cette loi fut souvent violée ; pourtant elle a toujours existé comme idéal, selon lequel on avait le droit de juger les actes des nations, et comme phare remettant sur la route sûre celles qui s'étaient égarées.[71]

Afin de renforcer cet enseignement, le Pape Pie XI a inauguré la Fête du Christ-Roi par son encyclique Quas Primas :

De cette doctrine, commune à tous les Livres Saints, dérive naturellement cette conséquence : royaume du Christ sur la terre, appelée à embrasser tous les hommes et tous les pays de l'univers, l'Église Catholique se devait de saluer, par des manifestations multiples de vénération, au cours du cycle annuel de la liturgie, en son Auteur et Fondateur le Roi, le Seigneur, le Roi des rois...

Ainsi donc, l'empire de notre Rédempteur embrasse la totalité des hommes. Sur ce sujet, Nous faisons volontiers Nôtres les paroles de Notre prédécesseur Léon XIII, d'immortelle mémoire : «Son empire ne s'étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux chrétiens baptisés, qui appartiennent juridiquement à l'Église même s'ils sont égarés loin d'elle par des opinions erronées ou séparés de sa communion par le schisme ; il embrasse également et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne, de sorte que l'empire du Christ Jésus, c'est, en stricte vérité, l'universalité du genre humain.»

Et, à cet égard, il n'y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les États ; car les hommes ne sont pas moins soumis à l'autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée.[72]

La «Civilisation de l'Amour» remplace la conversion des païens

Après Vatican II, cependant, la Royauté Sociale du Christ fut remplacée par ce qu'on a appelé la «civilisation de l'amour» — terme forgé par le Pape Paul VI pour présenter la notion utopique selon laquelle «le dialogue avec le monde» mènerait à une fraternité mondiale de religions qui ne seraient pas du tout explicitement chrétiennes. Le slogan «civilisation de l'amour» a été répété sans cesse depuis lors. Ainsi, le Pape Jean-Paul II a développé cette récente notion dans son discours pour la Journée Mondiale de la Paix en 2001 :

Le dialogue mène à une reconnaissance de la diversité et ouvre l'esprit à l'acceptation mutuelle et à la collaboration authentique exigées par la vocation fondamentale de la famille humaine à l'unité. En tant que tel, le dialogue est un moyen privilégié pour construire la civilisation de l'amour et de la paix qu'indiquait mon vénéré prédécesseur Paul VI comme l'idéal pour inspirer la vie culturelle, sociale, politique et économique de notre temps... Les différentes religions peuvent et doivent aussi contribuer à ce développement de manière décisive. Mes nombreuses rencontres avec des représentants d'autres religions — je me rappelle surtout de la rencontre d'Assise en 1986 et sur la Place Saint-Pierre en 1999 — m'ont assuré davantage que l'ouverture mutuelle entre les adeptes des différentes religions peut grandement servir la cause de la paix et le bien commun de la famille humaine.[73] (c'est nous qui soulignons)

Même le Pape Jean-Paul II a été amené à penser que les assemblées de prière inter-religieuses, telles que celles d'Assise en 1986 et 2002, sont parmi les moyens mêmes par lesquels cette notion utopique est censée se réaliser. Pourtant la simple vue de tels spectacles aurait horrifié le Pape Pie XI et chacun de ses prédécesseurs. Pendant ce temps, la Royauté Sociale du Christ, dans un ordre social catholique, est de facto exclue de la nouvelle orientation.

Bien sûr, la nouvelle orientation «œcuménique» et «inter-religieuse» de l'Église est absolument impossible à concilier avec le Message de Fatima, ce qui explique pourquoi, à partir de Vatican II, un effort a été fait pour réviser le Message en rapport avec la nouvelle orientation, voire pour l'enterrer complètement.

Les catholiques doivent-ils accepter la nouvelle orientation de l'Église ?

Les Catholiques sont obligés de se soumettre à l'enseignement établi de l'Église sur la foi et la morale ; ils ne sont pas obligés de se soumettre à de nouvelles attitudes et orientations d'hommes d'Église devenus libéraux qui disent et font ce dont on n'a jamais entendu parler dans toute l'histoire de l'Église. Ainsi, les Catholiques ont le droit, et même le devoir, de résister à cette nouvelle orientation émanant des ambiguïtés du Concile et des opinions de la «nouvelle théologie», en conflit avec le Magistère infaillible et permanent. Depuis des années, les Catholiques peinent sous le malentendu d'avoir obligation d'accepter le Concile pastoral, Vatican II, avec la même adhésion de foi qu'ils doivent aux Conciles dogmatiques.

Pourtant, ce n'est pas le cas. Les Pères du Concile ont répété constamment que Vatican II est un Concile pastoral. C'est-à-dire que c'était un Concile qui traitait non de définition de la Foi, mais de mesures dans le domaine du jugement pratique et sage — telles que le lancement de «l'aventure œcuménique.» Le document propre du Concile, la Note Préliminaire de Lumen Gentium (en latin, Nota Praevia), le déclare nettement : «En vue de la pratique conciliaire et du but pastoral du Concile actuel, le Saint Synode définit des matières de foi et de morale comme obligatoires pour l'Église seulement quand le Synode lui-même le déclare ouvertement.»[74] Aucune matière de foi ni de morale ne fut définie «comme obligatoire dans l'Église», en ce qui concerne la nouvelle «orientation œcuménique», ni par rapport à aucune des autres formulations «pastorales» nouvelles dans le langage des documents conciliaires.

Que Vatican II fût inférieur en autorité à un Concile dogmatique, c'est confirmé par le témoignage d'un Père du Concile, Monseigneur Thomas Morris. A sa propre requête, ce témoignage ne fut décacheté qu'après sa mort :

Je fus soulagé quand on nous a dit que ce Concile n'avait pas pour but de définir ou de donner des déclarations finales sur la doctrine, parce qu'une déclaration sur la doctrine doit être formulée très soigneusement et j'aurais considéré les documents du Concile comme incertains et passibles de réforme.[75]

Et puis, il y a l'important témoignage du Secrétaire du Concile, l'Archevêque (plus tard Cardinal) Pericle Felici. Lors de la clôture de Vatican II, les évêques demandèrent à l'Archevêque Felici ce que les théologiens appellent «la note théologique» du Concile — c'est-à-dire le «poids» doctrinal de ses enseignements. Felici a répondu :

Étant donné la pratique conciliaire et le but pastoral du présent Concile, ce Saint Synode définit, comme obligatoires dans l'Église, les matières de foi et de morale seulement quand le Synode lui-même le déclare ouvertement.[76]

Il a dit aussi :

Nous devons distinguer, selon les schémas et les chapitres, ceux qui ont déjà fait l'objet de définitions dogmatiques dans le passé ; quant aux déclarations qui ont un caractère récent, nous devons faire des réserves[77].

Le Pape Paul VI lui-même a fait remarquer que : «Étant donné le caractère pastoral du Concile, cela évitait de prononcer, de manière extraordinaire, des dogmes pourvus de la note de l'infaillibilité.»[78]

Donc, à la différence d'un Concile dogmatique, Vatican II n'exige pas un assentiment sans réserve de la foi. Les documents prolixes et ambigus du Concile ne sont pas à mettre sur le même plan que les déclarations doctrinales des Conciles passés. Les nouveautés de Vatican II n'engagent pas inconditionnellement les fidèles, et le Concile lui-même n'a jamais dit qu'elles les engageaient.

Et pourtant les enseignements ambigus du Concile et la nouvelle orientation post-conciliaire de l'Église ont eu pour résultat rien moins que ce que le Cardinal Ratzinger lui-même a qualifié de «démolition de bastions» dans l'Église — y compris, comme nous le verrons, la démolition du Message de Fatima. Comme nous allons maintenant le démontrer, cette entreprise de destruction a largement accompli les rêves des ennemis de l'Église, et les avertissements prophétiques du Message de Fatima, signalés par le Pape Pie XII.

Deux «théologiens» libéraux modernistes, les Pères Dominique Chenu (à gauche) et Hans Küng (à droite) à l'époque de Vatican II. (Voir aussi p. 179)

Des théologiens libéraux tels que Karl Rahner (p.50), Yves Congar (à gauche) et Henri de Lubac (à droite) ont vu censurer leurs écrits sous le règne du Pape Pie XII. Dans les années 60, cependant, les opinions progressistes de ces mêmes «théologiens» ont reçu une vaste audience au Concile Vatican II.


[1] Un récit complet de cette fascinante histoire se trouve dans Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), pp. 170-199.

[2] Ibid., p. 198.

[3] Vicomte Léon de Poncins, Freemasonry and the Vatican (La Franc-Maçonnerie et le Vatican), (Christian Book Club, Palmdale, Californie, 1968), p. 14.

[4] L. Bouyer, Dom Lambert Beauduin, A Man of the Church (Dom Lambert Beauduin, un Homme de l'Église),(Casterman, 1964), pp. 180-181, cité par le Père Dilder Bonneterre dans The Liturgical Movement (Le Mouvement Liturgique), Ed. Fideliter, 1980, p. 119.

[5] Le Père Jésuite Aparicio était le confesseur de Sœur Lucie — et son directeur spirituel de 1926 à 1938. Puis il fut envoyé au Brésil comme missionnaire et correspondait avec Sœur Lucie pendant ces années-là. En 1950, il retourna au Portugal pendant une courte période et visita Sœur Lucie en 1950 et 1951 sans difficulté. Le Père Aparicio a certifié qu'en août 1960, pendant une visite d'un mois au Portugal, il ne fut pas autorisé à parler à Sœur Lucie. «Je n'ai pas pu parler à Sœur Lucie parce que l'Archevêque n'a pas pu donner la permission de la rencontrer. Les conditions d'isolation dans laquelle elle se trouve ont été imposées par le Saint Siège. En conséquence, nul ne peut lui parler sans une autorisation de Rome. L'Archevêque n'a qu'un nombre très limité de ces autorisations.» Frère François de Marie des Anges, Fatima : Joie Intime Événement Mondial, (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1991), pp. 287-288.

La situation n'a pas changé depuis lors. Le 16 janvier 1983, le Père Joseph de Sainte-Marie, O.C. écrivit à l'éminent laïc catholique Hamish Fraser pour l'en avertir, «De plus, je vous le rappelle, — elle (Sœur Lucie) me l'a rappelé récemment dans une requête que je lui avais adressée — Sœur Lucie ne peut parler à personne de la question des apparitions sans la permission expresse de la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi ou du Saint-Père lui-même.» (The Fatima Crusader, n° 13-14, p. 13.) Et le 19 mars 1983, Sœur Lucie a dit au Nonce du Pape au Portugal le Très Révérend Sante Portalupi, qu'elle n'avait pas pu commenter plus tôt l'inadéquation de la cérémonie de la consécration de 1982 (consécration du monde et non de la Russie) parce que le Saint Siège ne lui avait pas donné permission de parler. «La Consécration de la Russie n'a pas été faite comme l'a requis Notre-Dame. Je ne pouvais pas le dire (auparavant) parce que je n'avais pas la permission du Saint Siège.» (Ibid., p. 3 et The Fatima Crusader, n° 16, septembre-octobre 1984, pp. 22ff, reprenant l'article du Père Pierre Caillon dans Fidélité Catholique paru d'abord en 1983.)

Le 19 février 1990, Monseigneur A. Duarte de Almeida, Chapelain au Carmel de Coimbra, déclara ce qui suit, «afin de rencontrer Sœur Lucie, il faut obtenir la permission du Cardinal Ratzinger.» (Dans David Boyce, «Fatima Inquest - August 1990 [Enquête sur Fatima - août 1990],» The Fatima Crusader, n° 35, Hiver 1990-1991, p. 13.)

Aussi récemment que «l'entretien» supposé de Sœur Lucie avec Monseigneur Bertone le 17 novembre 2001, Monseigneur Bertone a reconnu (dans son communiqué concernant l'entretien) qu'il avait été organisé avec le consentement du Cardinal Ratzinger. Donc, en 2001 encore, même un prélat de haut rang du Vatican a besoin de la permission du Saint Siège pour s'entretenir avec Sœur Lucie.

[6] Voir Jean Madiran, «L'accord Vatican-Moscou» The Fatima Crusader, n° 16, septembre-octobre 1984, p. 5. Également articles, pp. 4, 7 et 11 dans The Fatima Crusader, n° 17, février-avril 1985. Voir aussi Atila Sinke Guimarães, «The Metz Pact (Le Pacte de Metz),» Catholic Family News, septembre 2001.

[7] Pape Pie XI Divini Redemptoris, Encyclique sur le Communisme athée, 19 mars 1937. Voir aussi la citation, p. 63 avec référence à la note 42 de ce chapitre.

[8] On trouve à ce sujet un rapport plus complet dans The Rhine flows into the Tiber (Le Rhin se jette dans le Tibre) Père Ralph Wiltgen (New York : Hawthorne, 1967 ; TAN, 1985), pp. 272-278.

[9] E.g. The Rhine flows into the Tiber (Le Rhin se jette dans le Tibre) du Père Ralph Wiltgen ; Pope John's Council (le Concile du Pape Jean) de Michael Davies (Angelus Press, Kansas City, Missouri) et même Vatican II Revisited (voir note suivante) qui chante les louanges de la réforme.

[10] Très Révérend Aloysius Wycislo S.J., Vatican II Revisited, Reflections by One Who Was There (Vatican II Revisité, Réflexions d'un Participant), (Alta House, Staten Island, New York, U.S.A.), p. x.

[11] Ibid., p. 33.

[12] Ibid., p. 27.

[13] The Wanderer, 31 août 1967, p. 7.

[14] Council Daybook (Le journal du Concile), (National Catholic Welfare Conference, Washington, D.C., Vol. I), pp. 25-27.

[15] Vatican II Revisited, Reflections by One Who Was There (Vatican II Revisité, Réflexions d'un Participant), pp. 27-34.

[16] Monseigneur Graber Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Église de Notre Temps), p. 54.

[17] Atila Sinke Guimarães, Animus Delendi (The Desire to Destroy [Le Désir de Détruire]), (Tradition in Action, Los Angeles, Californie, 2001), p. 128. Le titre exact est Animus Delendi - I (le premier des deux livres avec ce titre).

[18] Ibid.

[19] «Vital life (Vital vie)» semble être simplement un autre terme pour «Vital Imminence (Éminence Vitale),» condamné dans l'encyclique Pascendi du Pape Pie X, contre le modernisme (Traduction anglaise par Newman Press), voir p. 8.

[20] Greenstock, David, «Thomism and the New Theology (Le Thomisme et la Nouvelle Théologie),» The Thomist, (octobre 1950), tout l'article vaut la peine d'être lu si l'on veut saisir la nature erronée de la «Nouvelle Théologie.»

[21] Publié dans l'Angelicum en 1946. Première traduction anglaise publiée dans Catholic Family News, août 1997, «Where is the New Theology Taking Us ? (Où nous mène la Nouvelle Théologie ?)»

[22] Animus Delendi - I (Le Désir de Détruire), p. 129.

[23] Ibid., pp. 146-149.

[24] Ces observations sont tirées du livre de Monseigneur Kelly, The Battle for the American Church (La Bataille pour l'Église Américaine) cité par John Vennari dans, «Vatican Praises Purveyor of Heresy (Le Vatican Félicite un Pourvoyeur d'Hérésie),» The Fatima Crusader, Printemps-Eté 1998.

[25] Ibid.

[26] Tiré de Guimarães, Animus Delendi - I (Le Désir de Détruire), p. 60.

[27] Ibid., p. 61.

[28] Ibid., p. 59.

[29] Ibid., p. 62.

[30] Vatican I, Session III, Chap IV, Foi et Raison.

[31] Tiré de Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente), pp. 88-89.

[32] Yves Marsaudon, L'œcuménisme Vu par un Maçon de Tradition, pp. 119-120.

[33] Tiré de Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente), pp. 88-89.

[34] Ibid., p. 100.

[35] Monseigneur Graber, Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Église de Notre Temps), p. 64.

[36] L'Archevêque Marcel Lefebvre, They Have Uncrowned Him (Ils L'ont Découronné), (Kansas City, Missouri, Angelus Press, 1988), p. 229. L'Archevêque Lefebvre note ici que le journal communiste Izvestia a demandé du Pape Paul VI de le condamner ainsi que son séminaire d'Écône.

[37] Les periti (experts) progressistes du concile sont notés avoir déclaré, «Nous l'exprimerons de manière diplomatique, mais après le Concile, nous en tirerons les conclusions implicites.» Dans le livre de Père Ralph Wiltgen, The Rhine flows into the Tiber (Le Rhin se jette dans le Tibre), p. 242.

[38] L'Archevêque progressiste Annibale Bugnini fut l'architecte principal de la révolution liturgique qui eut pour sommet la Nouvelle Messe (Novus Ordo). Il fut finalement banni du Vatican pour l'Iran parce que le Pape Paul VI eut connaissance de documents démontrant que Bugnini était Franc-Maçon. Michael Davies consacre un chapitre entier à l'Archevêque Bugnini dans Pope Paul's New Mass (La Nouvelle Messe du Pape Paul), (Angelus Press, Kansas City, 1992), Chapitre 24.

[39] Cardinal Joseph Ratzinger, Principles of Catholic Theology (Les Principes de Théologie Catholique), (Ignatius Press, San Francisco, 1987), p. 334.

[40] Discours au Lombard Collège, 7 décembre 1968.

[41] Discours du 30 juin 1972.

[42] Le Pape Pie XI, Divini Redemptoris, Encyclique sur le Communisme Athée, 19 mars 1937.

[43] Yves Congar, O.P. «Le Concile au jours le jours, Deuxième Session,» (Paris, Cerf, 1964), p. 115.

[44] En vérité, il ne peut exister rien de tel qu'un «Contre Syllabus,» puisque le 1864 Syllabus du Bienheureux Pie IX déclarait solennellement, Au milieu donc d'une telle perversité d'opinions corrompues, Nous souvenant de Notre charge Apostolique, dans notre plus vive sollicitude pour notre très sainte religion, pour la saine doctrine, et pour le salut des âmes à Nous confiées par Dieu, et pour le bien de la société humaine elle-même, Nous avons jugé bon d'élever à nouveau Notre Voix Apostolique. En conséquence, toutes et chacune des opinions déréglées et des doctrines rappelées en détail dans ces Lettres, Nous les réprouvons, proscrivons et condamnons de Notre Autorité Apostolique ; et Nous voulons et ordonnons que tous les fils de l'Eglise catholique les tiennent absolument pour réprouvées, proscrites et condamnées.» (C'est nous qui mettons en italiques.) Tiré de l'œuvre The Popes Against Modern Errors (Les Papes contre les Erreurs Modernes), (TAN Books and Publishers, Rockford, Illinois, 1999), p. 21.

[45] Yves Congar, La Crise d'Église et Msgr. Lefebvre (Paris, Cerf, 1977), p. 54.

[46] Tiré de Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente), p. 100.

[47] Cardinal Joseph Ratzinger, Principles of Catholic Theology (Principes de Théologie Catholique), pp. 381-382.

[48] Ibid., p. 191.

[49] L'Osservatore Romano, édition anglaise hebdomadaire, 2 juillet 1990, p. 5.

[50] Ibid.

[51] Dans l'Encyclique de 1943 Mystici Corporis, le Pape Pie XII enseignait que «La Véritable Église de Jésus-Christ... est l'Église Romaine Une, Sainte, Catholique et Apostolique.» Ceci veut dire que l'Église du Christ n'est pas composée de l'Église Catholique et des autres dénominations «chrétiennes.» Le Pape Pie XII a réitéré cet enseignement dans son Encyclique de 1950 Humani Generis : «Le Corps Mystique du Christ et l'Église Catholique Romaine sont une seule et même chose.».

[52] Tiré de Vatican II, the Work that Needs to Be Done (Vatican II, la Tâche qu'il est Nécessaire de Faire), édité par David Tracy avec Hans Küng et Johann Metz (Concilium, Seabury Press, New York, 1978), p. 91 (C'est nous qui soulignons.)

[53] L'Osservatore Romano édition italienne, 8 octobre 2000, p. 4. «Quando i Padri conciliar sostituirono la parola “è” con la parola “subsistit,” lo fecera con un scopo ben preciso. Il concetto espresso da “è” (essere) è piu ampio di quello espresso da “sussistere.” “Sussistere” un modo ben preciso di essere, ossia essere come soggeto che esiste in sé. I Padri conciliari dunque intendevano dire che l'essere della Chiesa in quanto tale è un entità piu ampia della Chiesa cattolica romana. [Quand les Pères Conciliaires ont remplacé le mot “es” par le mot “subsiste,” ils l'ont fait avec un but bien précis. Le concept formel de “est” (être) est plus large que celui exprimé par “subsister”. “Subsister” une manière bien précise d'être, ou bien, être comme un sujet qui existe en soi. Les Pères Conciliaires ont donc voulu dire que l'existence de l'Église en tant que telle est une entité plus vaste que l'Église Catholique Romaine.]»

[54] Voir les déclarations du Père Schillebeeckx dans la revue hollandaise, De Bauzuin, nº 16, 1965, cité en traduction française dans Itinéraires, nº 155, 1971, p. 40.

[55] Frankfurter Allgemeine Zeitung, 22 septembre 2000. Traduction italienne dans L'Osservatore Romano, 8 octobre 2000.

[56] Adista, 26 février 2001. Traduction anglaise citée de «Where Have They Hidden the Body ? (Où Ont-Ils Mis le Corps ?)» de Christopher Ferrara, The Remnant (Le Petit Reste), 30 juin 2001.

[57] «Nous, avec l'approbation du Saint Concile, enseignons et définissons que c'est un dogme divinement révélé : que le Pontife Romain, lorsqu'il parle ex-cathedra, c'est-à-dire lorsque agissant en qualité de pasteur et enseignant de tous les chrétiens, il définit en vertu de Son autorité apostolique suprême, une doctrine, concernant la Foi ou la morale, qui doit être observée par l'Église universelle, possède par la divine assistance promise à lui en la personne du Saint Pierre, l'infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu doter Son Église pour la définition de la doctrine concernant la foi et la morale ; et par conséquent de telles définitions du Pontife Romain sont irrévocables de par leur nature et non au gré de l'Église.» (D.S. 1839).

[58] «Mais si quelqu'un prétend contredire cette définition Nôtre (A Dieu ne plaise qu'il le fasse !), qu'il soit anathème !» (D.S. 1840).

[59] Acta Apostolicae Sedis 42-142.

[60] «On the Ecumenical Movement (Sur le Mouvement Œcuménique),» 20 décembre 1949.

[61] (C'est nous qui soulignons) Theological Highlights of Vatican II, (Lumières Théologiques de Vatican II), Père Joseph Ratzinger (Paulist Press, New York, 1966), pp. 65-66. Cette partie du livre insiste sur le motif œcuménique délibéré qui sert de base au document Lumen Gentium. Pour une discussion plus complète du livre du Père Ratzinger, voir «Vatican II vs the Unity Willed by Christ (Vatican II contre l'Unité Voulue par le Christ),» de John Vennari, Catholic Family News, décembre 2000.

[62] Mais si le Cardinal Ratzinger a voulu changer complètement ses propres idées personnelles pour une position plus orthodoxe, les textes du Concile eux-mêmes demeurent ambiguës, imprécis et semblent être orientés vers un œcuménisme non orthodoxe qui ne cherche pas la conversion au Catholicisme des non-Catholiques.

[63] E. Schillebeeckx, OP, Igreja ou igrejas ? (Église ou églises ?), dans V.A. Cinco problemas que desafiam a Igreja hoje(Cinq problèmes qui lancent un défi à l'Église d'aujourd'hui), p. 26ff. Cité de In the Murky Waters of Vatican II (Dans les Eaux Sombres de Vatican II), Atila Sinke Guimarães (Maeta, Métairie, Louisiana, 1997), p. 243.

[64] Le SIDIC est une association s'identifiant comme Catholique, «fondée à Rome en 1965 à la demande d'un groupe d'experts du Concile Vatican II, à la suite de la promulgation de Nostra Aetate,» pour promouvoir le «dialogue» judéo-catholique. Le SIDIC basé à Rome a des représentants locaux dans les pays suivants : Angleterre, Australie, Belgique, Canada, Etats-Unis, France, Hollande, Israël, Italie.

[65] Aussi la citation entière, «Le refus de Lefebvre d'accepter l'œcuménisme a son origine dans les enseignements clairs du Magistère, l'Encyclique Satis Cognitum de Léon XIII (1896) ; l'Encyclique Mortalium Animos de Pie XI (1928) ; l'Instruction du Saint-Office, sur l'œcuménisme, du 20 décembre 1949. Le seul œcuménisme accepté par Lefebvre et ses adeptes est celui qui oeuvre pour le retour inconditionnel des membres des autres confessions à la seule Église de Christ, l'Église Catholique Romaine. Ce sectarisme endurci est précisément le genre de logique que, par sa profonde réflexion sur la nature de l'Église, Vatican II a refusé d'accepter. Bien qu'enraciné dans la Tradition [sic], le but de la réflexion du Concile fut sans précédent dans l'histoire du Christianisme. Pour les intégristes, l'œcuménisme est l'une des trahisons fondamentales de Vatican II» (c'est nous qui soulignons). Service International de Documentation Judéo-Chrétienne, Rome [édition anglaise, Washington, D.C.] Vol. XXXII, n° 3, 1999, p. 22.

[66] L'ambiguïté verbale utilisée par Vatican II pour promouvoir cette fausse notion se trouve dans Lumen Gentium 8, où il est dit «l'Église du Christ subsiste dans l'Église Catholique» au lieu de la définition du Pape Pie XII, l'Église du Christ est l'Église Catholique (Mystici Corporis Pape Pie XII). Voir discussion et notes précédentes dans ce chapitre, en ce qui concerne l'origine et l'effet de cet ambiguïté, comme le reconnaît le Cardinal Ratzinger.

[67] Pour un bref rapport de l'histoire du Père Popian, voir «Vatican Says : Do Not Convert to Catholicism (le Vatican dit : Ne Vous Convertissez Pas Au Catholicisme),» John Vennari, Catholic Family News, décembre 2001. Voir aussi “Vatican says, ‘You Must Not Become Catholic !’” John Vennari, The Fatima Crusader, n° 69, Hiver 2002. Le témoignage du Père Popian sur cassette audio orale intitulée, «Vatican's Ostpolitik and Ecumenism Tried to Prevent My Conversion to Catholicism (L'Ostpolitik et l' œcuménisme du Vatican Ont Essayé d'Empêcher Ma Conversion au Catholicisme),» est également disponible à Fatima Center, 17000 State Route 30, Constable, New York, 12926.

[68] «Nous Sommes un Signe de Contradiction» entrevue avec Monseigneur Bernard Fellay, Société Sainte Pie X, Latin Mass Magazine, automne 2001, p. 11.

[69] La déclaration de Balamand, n° 13 et 30 (1993) fut citée avec approbation du Pape Jean-Paul II dans Ut Unum Sint(Pour qu'ils soient Un), n° 59.

[70] Le Pape Pie XI, Ubi Arcano Dei, Lettre Encyclique sur la Paix du Christ dans Son Royaume, 23 décembre 1922.

[71] Ibid.

[72] Le Pape Pie XI, Quas Primas, Encyclique sur la Royauté du Christ, 11 décembre 1925.

[73] Le message du Pape Jean-Paul II pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2001, «Dialogue Between Cultures for a Civilization of Love and Peace (Dialogue Interculturel pour une Civilisation de l'Amour et la Paix).».

[74] Supplément à Lumen Gentium, note explicative de la Commission Théologique, dans Walter M. Abbott, S.J. ed. The Documents of Vatican II (Les Documents de Vatican II), (New York, America Press, 1966), pp. 97-98.

[75] Témoignage personnel de Monseigneur Morris rapporté dans un article de Kieron Wood, Catholic World News, 22 janvier 1997.

[76] The Documents of Vatican II (Les Documents de Vatican II) , Edit. Walter M. Abbott, S.J., p. 98.

[77] Tiré de «Open Letter to Confused Catholics (Lettre Ouverte aux Catholiques dans la Tourmente),» p. 107.

[78] Pape Paul VI, Audience Générale du 12 janvier 1966 dans Insegnamenti di Paolo VI (Les Enseignements de Paul VI), Vol. 4, p. 700, tiré de Atila Sinke Guimarães, In the Murky Waters of Vatican II (Dans les Eaux Sombres de Vatican II ), (Métairie, Louisiane, Maeta, 1997 ; TAN, 1999), pp. 111-112.

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