Chapitre VII

La démolition des bastions

Rien d'étonnant que les pires ennemis de l'Église aient été si ravis du Concile et des changements radical qu'il a inaugurés. Ils sont aussi très contents sans doute de l'effondrement ecclésial soudain et catastrophique dans tous les ministères à la suite de Vatican II. Toute statistique mise à disposition montre que les changements soudains et spectaculaires introduits par Vatican II ont été accompagnés de déclins également soudains et spectaculaires dans le nombre de prêtres et religieux, le nombre des nouvelles ordinations, le nombre des séminaristes et le nombre des conversions et baptêmes. Immédiatement après Vatican II, quelque 50 000 prêtres ont fait défection, et aujourd'hui, il reste à peu près 50 000 prêtres catholiques de moins qu'il y a trente et un ans. En 1997, il y a eu moins de baptêmes aux Etats-Unis qu'en 1970.[1]

Même le Cardinal Ratzinger a parlé d'un «continuel processus de déclin qui, en grande partie, s'est développé sur la base des appels au Concile et a donc discrédité le Concile aux yeux de beaucoup.»[2] Cependant, le Cardinal Ratzinger ainsi que les autres qui ont présidé à cette débâcle, répète avec insistance — chose assez incroyable — qu'il nous fait continuer de même, continuer la nouvelle orientation de Vatican II :

Cela signifie-t-il que le Concile lui-même doit être révoqué ? Certainement pas. Cela signifie seulement que la véritable acceptation du Concile n'a pas encore commencé. Ce qui a dévasté l'Église après le Concile, ce n'était pas le Concile, mais le refus de l'accepter … La tâche à accomplir n'est donc pas de supprimer le Concile, mais de découvrir le véritable Concile, et d'en approfondir la véritable intention à la lumière de l'expérience actuelle.[3]

Allant encore plus loin et basant son autorité sur l'un des théologiens néo modernistes mêmes qui ont contribué à créer ce désastre pour l'Église, le Cardinal Ratzinger a déclaré :

Le fait est, comme l'a fait remarquer Hans Urs von Balthasar dès 1952... qu'Elle (l'Église), doit abandonner beaucoup de ces choses qui, jusqu'à présent, lui ont attiré la sécurité et qu'Elle a considérées comme admises à jamais. Il lui faut démolir des bastions de vieille date et faire confiance uniquement au bouclier de la foi.[4]

L'appel du Cardinal à la «démolition de bastions de vieille date» dans l'Église est peut-être l'aveu le plus accablant de tous en ce qui concerne la nouvelle orientation révolutionnaire de l'Église produite par le Concile Vatican II. Car que pourrait vouloir dire le Cardinal par «des bastions de vieille date» sinon les défenses traditionnelles contre Ses ennemis — ce que le Cardinal lui-même présente avec condescendance comme «beaucoup d'aspects qui, jusque là lui ont attiré la sécurité et qu'Elle a semble aller de soi» ? Le Cardinal avoue qu'il veut démolir les aspects même qui donnent à l'Église la sécurité ! L'Église doit, selon l'étrange idée du Cardinal sur ces aspects, faire confiance «uniquement au bouclier de la Foi». Mais qu'est-ce que cela signifie ? Comment les Catholiques peuvent-ils maintenir leur foi, si elle n'est pas gardée en sécurité par les bastions même que le Cardinal veut démolir ?

En basant son autorité sur le «nouveau théologien» Hans Urs von Balthasar pour cette «démolition de bastions» le Cardinal lui-même bénit la «nouvelle théologie» dans son projet de mettre en pièces la théologie traditionnelle de l'Église avec Ses claires et précises définitions des vérités que doivent croire les Catholiques. Dans l'appel du Cardinal, à démolir «les bastions de vieille date» de l'Église, nous voyons clairement ce qu'on peut appeler seulement un «désir de détruire.» Cette expression est tirée d'un livre de l'écrivain catholique Atila Sinke Guimarães, intitulé Animus Delendi (traduit du latin par «le désir de détruire.» Guimarães montre que les «réformateurs» conciliaires et post-conciliaires de l'Église sont motivés par une mentalité qui voit la destruction de l'Église «ancienne» comme «tragique mais nécessaire» pour «l'extension et le renouveau» de l'Église dans le «monde moderne.»

Comment les «bastions» vont-ils être démolis ? Notre-Dame dit que le dogme de la Foi sera préservé au Portugal. Les dogmes sont en eux-mêmes les bastions de l'Église. Évidemment donc, la démolition des bastions impliquera la sape des définitions dogmatiques, précisément puisque l'interprétation des dogmes est faite par les «nouveaux théologiens» néo-modernistes qui sont en train de les saper. Les dogmes peuvent être sapés de différentes manières :

1) les ignorer tout simplement et ils cesseront d'exister dans toutes les circonstances pratiques ;

2) remplacer les termes clairs par des termes ambigus — par exemple «est» par «subsiste» ;

3) rejeter le dogme comme «théologie périmée» comme dans la déclaration de Balamand et différentes remarques faites par des ecclésiastiques de haut rang cités dans le précédent chapitre ;

4) prétendre qu'il n'existe rien qui soit définitions dogmatiques infaillibles que tout Catholique soit tenu de croire tels qu'elles sont écrites ;

5) là où le dogme «hors de l'Église point de salut» est concerné, désigner toujours les non-Catholiques simplement comme «croyants» ou «Chrétiens.»

Quels sont précisément les bastions qui, aux yeux des «réformateurs» comme le Cardinal Ratzinger, doivent être démolis ? Nous rappelons encore une fois ce que le Pape Pie XII a prédit de manière précise dans ses commentaires inspirés au sujet de la crise à venir dans l'Église :

Je suis tracassé par les Messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima. Cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Église est un avertissement divine contre le suicide par l'altération de la Foi dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme... J'entends tout autour de moi des novateurs qui veulent démanteler la Sainte Chapelle, détruire la flamme universelle de l'Église, rejeter Ses ornements et Lui faire éprouver du remords pour Son passé historique.

Le Pape Pie XII a identifié trois éléments de l'Église que les «novateurs» voulaient changer : Sa liturgie, Sa théologie et Son âme (c'est-à-dire Sa nature même). Notez que le Pape Pie XII, se basant sur le Message de Fatima ainsi que sur les témoignages personnels qu'il avait reçus dans l'Église à cette époque-là, parlait d'une future tentative pour démanteler, détruire et rejeter ces choses dans l'Église. En d'autres termes pour «la démolition de bastions.»

La démolition de la liturgie

Avant Vatican II, les Papes défendirent unanimement l'ancienne liturgie latine de l'Église contre les innovations, reconnaissant que la langue latine immuable était une barrière contre l'hérésie, comme le Pape Pie XII l'a enseigné dans son encyclique mémorable sur la liturgie Médiator Dei. A la vérité, les «réformateurs» protestants du XVIème siècle ne détestaient rien plus que la Messe Catholique traditionnelle en latin, la liturgie grégorienne qui fut le centre de la vie de l'Église depuis au moins le 4ème siècle (et probablement avant) jusqu'à la «réforme» liturgique du Pape Paul VI en 1969.

Nulle part le désir de détruire, la démolition de bastions, ne se voit plus clairement que dans l'explication du Pape Paul VI sur sa décision de supprimer la Messe Latine Traditionnelle de plus de 1 500 ans d'existence et de la remplacer par un rite nouvellement concocté d'une Messe en vernaculaire — une action absolument sans précédent que ses prédécesseurs auraient considérée comme absolument impensable :

C'est là que la plus grande nouveauté va être remarquée, la nouveauté de langue. Non plus le Latin, mais la langue parlée sera la langue principale de la Messe. L'introduction du vernaculaire sera certainement un grand sacrifice pour ceux qui connaissent la beauté, le pouvoir et l'expression sacrée du Latin. Nous nous séparons du discours des siècles chrétiens ; nous devenons comme des envahisseurs profanes dans les archives littéraires de l'expression sacrée. Nous perdrons une grande partie de cet élément prodigieux et incomparable, artistique et spirituel, le chant grégorien. Nous avons des raisons de regretter, presque des raisons d'être déconcertés. Que pouvons-nous mettre à la place de cette langue des anges ? Nous abandonnons quelque chose d'inestimable. Pourquoi ? Qu'y a-t-il de plus précieux que ces sommets des valeurs de notre Église ?

Qu'y a-t-il, en effet, de plus précieux que «ces sommets des valeurs de notre Église» ? Selon Paul VI, ce qui était plus précieux, c'était un attrait pour «l'homme moderne» que le Pape voyait apparemment assez obtus pour ne pas être capable de comprendre les prières en latin du Missel Romain, même si le même Missel donnait la traduction vernaculaire en face du Latin. Paul VI continuait, répondant à ses propres questions :

La réponse semblera banale, presque prosaïque. Cependant, c'est une bonne réponse parce qu'elle est humaine, elle est apostolique. La compréhension de la prière est plus importante que les ornements de soie dont elle est vêtue royalement. La participation des personnes a plus de valeur — particulièrement la participation des «personnes modernes» si passionnées de langage simple facilement compris et converti en discours du quotidien.[5]

Le discours du Pape Paul VI est un plan de ce qui est arrivé à toute l'Église depuis le Concile. Les changements conciliaires et post-conciliaires — tous sans précédent dans l'histoire de l'Église — sont l'œuvre d'envahisseurs profanes, qui s'efforcent de détruire quelque chose d'inestimable, de démolir des bastions séculaires, non seulement dans la liturgie sacrée, mais dans l'enseignement permanent de l'Église. Ce n'est pas par accident que Vatican II a causé une destruction sans précédent, puisque les principaux novateurs du Concile projetaient une destruction sur toute la ligne.

La démolition de la théologie

Dans le numéro de l'Osservatore Romano du 19 décembre 1946, le Pape Pie XII (visant les théories hétérodoxes de modernistes comme Chenu et de Lubac) avertissait que ce qu'on acclamait comme «nouvelle théologie» finirait par saper la Foi :

On parle beaucoup (mais sans la nécessaire clarté de concept) d'une «nouvelle théologie» qui doit être en continuelle évolution, à l'exemple de toutes les autres choses du monde qui sont en état permanent de flux et de mouvement, sans jamais atteindre leur terme. Si nous devions accepter une telle opinion, qu'adviendrait-il de l'unité et de la stabilité de cette Foi ?[6]

Comme nous l'avons vu, le Pape Jean XXIII méprisa les avertissements du Pape Pie XII ; au Concile Vatican II, le Pape Jean réhabilita les présentateurs même de la «nouvelle théologie» qui étaient suspects d'hérésie sous le pontificat du Pape Pie XII. Pour rappeler le témoignage de Monseigneur Bandas «Nul doute que le bon Pape Jean pensait que ces théologiens suspects rectifieraient leurs idées et rendraient un service authentique à l'Église. Mais c'est exactement le contraire qui se produisit... La grande confusion était lancée. Il était déjà visible que ni Trente ni Vatican I ni aucune encyclique n'auraient le droit d'en entraver l'avancée.»

Or, quels ont été les effets de la «nouvelle théologie» sur l'Église ? Aujourd'hui, au nom de Vatican II, on nous dit :

Que l'Église doit dialoguer et collaborer avec les Communistes, les Musulmans, les hérétiques, les schismatiques et les autres ennemis reconnus de la Foi ;

Que l'enseignement constant pré-conciliaire contre le libéralisme (tel que dans le Syllabus du Bienheureux Pie IX) est contre le Modernisme (dans le sens de Pascendi de Saint Pie X), est «partial» et périmé, (selon le Cardinal Ratzinger) ;

Que l'Église (comme le prétend encore le Cardinal Ratzinger) doit «tenter» une «réconciliation» avec les principes de la Révolution Française ;

Que «l'Église du Christ» dépasse les frontières de l'Église Catholique ;

Que les Protestants et les schismatiques n'ont plus besoin de se convertir et de revenir à l'Église Catholique pour leur salut ni même pour l'unité.

Bref, les ennemis de l'Église dans les camps néo-Modernistes, Maçonniques et Communistes ont vu s'avérer en grande partie leurs rêves théologiques.

La démolition de l'âme de l'Église

Le futur Pape Pie XII ne parlait pas pour rien quand, à la lumière du Message de Fatima, il prédisait la tentative à venir pour changer non seulement la liturgie et la théologie de l'Église mais Son Ame même — Ce qu'Elle est. Bien entendu, ce projet ne peut jamais réussir complètement, parce que Notre-Seigneur a promis que les portes de l'Enfer ne prévaudront pas contre Son Église. Mais cette divine promesse n'exclut pas que l'élément humain souffre des plus graves blessures possibles de la part de Ses ennemis, à défaut d'une mort finale. C'est la perspective de ces blessures graves pour l'Église, qui alarmait tant le Pape Pie XII, surtout à la lumière des prophéties de Fatima.

Et, en vérité, les pires craintes du Pape Pie XII se sont réalisées dans la période de l'après Concile, où nous avons été témoins d'un effort pour transformer l'Église de la seule arche du salut, hors de laquelle nul n'est sauvé, en une simple collaboratrice avec «d'autres églises et communautés ecclésiales» des religions non-Chrétiennes et même athées, pour construire une utopique «civilisation de l'amour.» Dans cette «civilisation de l'amour», sauver les âmes de l'enfer — ce qui n'est plus mentionné — est remplacé par une nouvelle forme de «salut» : le salut par une «fraternité» mondiale et la paix mondiale. C'est la notion même que met en avant la Franc-Maçonnerie depuis trois siècles.

En lien avec cette notion maçonnique de «salut» par la «fraternité de l'homme» (à comprendre au sens séculier et non au sens chrétien), beaucoup d'ecclésiastiques catholiques nous disent maintenant que nous devons respecter les différentes sectes protestantes et schismatiques comme partenaires du «dialogue œcuménique» et de la «recherche de l'unité chrétienne.» En lien avec cette nouvelle notion, il y a des «liturgies» œcuméniques communes entre Catholiques, Protestants et églises Orthodoxes schismatiques, pour manifester la prétendue «communion partielle» entre «tous les chrétiens.» A coup sûr, les exécutions de la nouvelle orientation de l'Église Catholique admettent encore qu'Elle soit la plus parfaite de toutes les églises, mais la prétention que l'Église Catholique soit la seule véritable Église, à l'exclusion absolue de toutes les autres, a été abandonnée de facto par tous sauf un petit reste de Catholiques fidèles, considérés comme «rigides sectaires» et «pré-conciliaires», simplement parce qu'ils croient ce qu'ont toujours cru les Catholiques avant 1965.

Mais «l'unité chrétienne» n'est qu'un pas vers l'unité pan-religieuse de la fraternité humaine. En même temps, «l'unité chrétienne» est prônée par des activités pan-chrétiennes que les grands Papes pré-conciliaires auraient considérées comme sacrilèges, le «dialogue inter-religieux» a rendu l'Église plus «ouverte» à la «valeur» des religions non-chrétiennes, dont les adeptes ne seraient plus considérés comme ayant besoin de la foi et du Baptême pour sauver leur âme. La «Chrétienté anonyme» de Karl Rahner qui assure que les adeptes sincères de toute religion peuvent être, et sont probablement, «Chrétiens» sans même le savoir — est devenue de facto la théologie de l'Église. En conséquence, il y aurait des rencontres de prière inter-religieuses où les membres de toutes les religions se rassemblent pour prier pour la paix et manifester leur «unité» comme membres de la famille humaine sans qu'on dise à aucun d'entre eux qu'ils sont en danger de damnation, sans Baptême, sans foi au Christ et sans appartenance à Son Église. Dans la liturgie «réformée» du Vendredi Saint, les Catholiques (pour la première fois dans l'histoire liturgique de l'Église) ne prient plus officiellement et sans équivoque pour la conversion des non-Catholiques à l'Église Catholique comme démarche nécessaire pour le salut de leur âme.

Comme quiconque peut le voir, le remplacement de la Royauté Sociale du Christ par «la civilisation de l'Amour» a totalement neutralisé l'Église Catholique, qui ne joue plus le rôle central d'autorité spirituelle et morale du monde, selon les intentions de Son divin Fondateur.

Les théologiens progressistes qui ont promu cette nouvelle orientation de l'Église ont formé maintenant presque deux générations de laïcs et de clercs catholiques. Les travaux de Rahner, Küng, Schillebeeckx, Congar, de Lubac, von Balthasar et leurs disciples dominent maintenant les textes d'enseignement des séminaires et universités catholiques. Depuis ces 35 dernières années, les principes progressistes de ces hommes servent de formation principale aux prêtres, religieux et théologiens et étudiants d'universités catholiques. Nous avons donc atteint maintenant un stade où les prélats préfèrent la théologie de Rahner à celle de Saint Robert Bellarmin, par exemple, Saint canonisé et Docteur de l'Église, ou de Saint Thomas d'Aquin, le grand Docteur et l'un des plus grands Saints de l'histoire de l'Église. L'enseignement de Bellarmin et de Saint Thomas d'Aquin — en vérité l'enseignement de tous les Papes avant Vatican II — tend à être accepté seulement en accord avec le sens donné par Rahner et les autres «nouveaux théologiens.» Il en est de même de la plupart des professeurs d'universités et séminaires catholiques.

Ce processus de tentative pour changer l'âme même et la théologie de l'Église, comme le craignait le Pape Pie XII, a impliqué non seulement «l'aventure œcuménique» et le «dialogue inter-religieux», mais aussi de la part d'ecclésiastiques catholiques, plus ou moins élevés en dignité une série interminable d'excuses pour le «triomphalisme» passé de l'Église, revendiquant être la seule dépositaire de la divine révélation et pour les prétendus péchés de Ses membres décédés contre d'autres «chrétiens» et d'autres cultures. C'est précisément ce que prédisait le Pape Pie XII quand il parlait des novateurs qui voudraient «la faire se repentir de Son passé historique.»

L'accomplissement des prédictions de l'ennemi

Voici maintenant le résumé de l'étroite correspondance entre ce que nous avons vu se produire dans l'Église post-conciliaire et les buts conjugués de la Franc-Maçonnerie (révélés par Roca et différents Francs-Maçons dont beaucoup sont cités par Monseigneur Graber et la Formation Permanente) et le communisme (selon les attestations de Bella Dodd et autres ex-communistes) :

La révision radicale de la liturgie romaine à la suite d'un Concile Œcuménique. (Roca)

Un accord entre «les idéaux de la civilisation moderne et l'idéal du Christ et de Son Évangile. Ce sera la consécration du Nouvel Ordre Social et le baptême solennel de la civilisation moderne» — c'est à dire la libéralisation générale des ecclésiastiques catholiques en accord sur les mêmes faux principes condamnés par le Syllabus du Bienheureux Pape Pie IX. (Roca, Melinge, La Formation Permanente de la Haute Vente)

L'émergence d'un «pontificat pluriconfessionnel, capable de s'adapter à un œcuménisme polyvalent, tel que nous le voyons s'établir aujourd'hui avec la concélébration de prêtres et de pasteurs protestants» — aujourd'hui seulement, le Pape lui-même célèbre des liturgies communes avec les clercs protestants.[7] (Roca, Melinge)

L'introduction d'un complexe de culpabilité dans l'Église … pour qualifier «l'Église du passé» d'être oppressive, autoritaire, pleine de préjugés, arrogante dans ses prétentions d'être seule en possession de la vérité et responsable des divisions de corps religieux tout au long des siècles.» (Dodd)

«L'ouverture» de l'Église au monde et à une attitude plus «souple» envers toutes religions et philosophies. (Dodd)

L'utilisation de cette nouvelle orientation pour saper l'Église, sans vraiment la détruire. (Dodd, Watson, les déserteurs soviétiques et La Formation Permanente)

Et tous ces développements furent prédits par le futur Pape Pie XII se référant spécifiquement «aux messages de la Sainte Vierge à Lucie de Fatima» et «à cette insistance de Marie sur les dangers qui menacent l'Église.»

La passion de l'Église

Ainsi la passion que souffre actuellement notre Sainte Église n'est vraiment pas un grand mystère. En ignorant avec insouciance les Papes du passé, en abandonnant la condamnation d'erreurs, en «réhabilitant» des théologiens suspects et en faisant d'eux des héros de l'Église, en abolissant l'Index des Livres Interdits et le Saint-Office, en se débarrassant de la liturgie catholique traditionnelle qui fut une barrière contre l'hérésie, en déclarant «partial» et «périmé» l'enseignement anti-libéral du Bienheureux Pie IX et l'enseignement anti-moderniste de Saint Pie X — bref, en dépouillant sans pitié et systématiquement l'Église de presque toutes ses défenses — nos dirigeants actuels de l'Église ont démoli presque tous les bastions qui protégeaient autrefois l'Église de l'infiltration et de la corruption, créant ainsi une structure de compromis que nous voyons maintenant s'écrouler sur elle-même dans le scandale, la corruption, la désobéissance et la perte de la Foi.

Cependant nos dirigeants de l'Église continuent à insister pour que le désastreux processus de changement responsable de cette reconnaître invasion et auto-démolition de l'Église continuent à avancer à toute vapeur. C'est précisément pourquoi le Cardinal Ratzinger, bien des années après Vatican II, a déclaré que l'Église «doit démolir des bastions de vieille date.»[8]

Comme nous l'avons déjà démontré, tout ceci fut prédit par les ennemis de l'Église. Monseigneur Graber, commentant la crise post-conciliaire à la lumière des propres prédictions des Maçons sur ce qu'ils réussiraient bientôt à faire, déclarait :

Face à ces aveux sans ambiguïté (des Maçons, etc.) si l'on garde encore l'idée que les événements de l'Église (depuis Vatican II) sont des phénomènes marginaux ou des difficultés transitoires qui mourront en temps voulu de leur propre gré, on espère simplement trop —mais d'autant plus grande est la responsabilité des gouvernants de l'Église, s'ils ne s'occupent pas de ces questions et imaginent que tout peut se réparer en rapiéçant çà et là.[9]

Mais ce sont ces «dirigeants même de l'Église» qui font l'objet de notre étude. Cependant, nous nous hâtons de le dire, une fois de plus, nous ne prétendons pas que tout ecclésiastique qui fait avancer de nouvelles pratiques, telles que l'œcuménisme, agit délibérément comme ennemi de l'Église. Le prêtre célèbre du 19ème siècle, le Père Frédérick Faber, fut un vrai prophète quand il disait dans un sermon remarquable, prêché à la Pentecôte 1861, à l'Oratoire de Londres :

Nous devons nous souvenir que si tous les hommes manifestement bons étaient d'un côté et tous les hommes manifestement mauvais de l'autre, il n'y aurait de danger pour personne, au moins pour tous les élus, d'être trompé par des mensonges prodigieux. Ce sont les hommes de bien, autrefois bons, que nous devons espérer encore bons, qui doivent faire l'œuvre de l'anti-Christ et donc déplorablement crucifier de nouveau le Seigneur... Gardez en mémoire cette caractéristique des derniers jours. Cette fourberie vient des hommes de bien placés du mauvais côté.[10]

Comme nous allons procéder à le prouver, les hommes qui nous concernent sont du mauvais côté. Dans leur «démolition de bastions» de l'Église Catholique, par l'imposition de leur nouvelle orientation — ou ce que le Cardinal Ratzinger a désigné par la «tentative de réconciliation officielle du Concile» avec «la nouvelle ère» commencée par la Révolution Française, ils se sont rangés nécessairement contre le Message de Fatima, car il n'y a rien de plus intégralement catholiques, rien de plus opposé à l'esprit de «la nouvelle ère», rien de plus ennemi de l'œcuménisme conciliaire, rien de plus opposé à l'écroulement des bastions catholiques que l'appel de la Vierge Marie à la Consécration de la Russie à Son Cœur Immaculé, la conversion de la Russie à la Foi catholique qui en résultera, et le glorieux triomphe du Cœur Immaculé à travers le monde en un ordre social catholique.

Le message de Fatima : Un bastion final

A partir de ce que nous avons dit jusqu'ici, il devrait être apparent que le Message de Fatima, dans sa pure intégrité catholique, ne peut coexister avec la nouvelle vision de l'Église qui nous est imposée seulement par ceux qui «désirent détruire» en parlant de «démolition de bastions». Cette destruction s'est produite, précisément, parce que le vaste programme de aggiornamento de Vatican II va en sens contraire des vérités catholiques qui pénitrent le Message de Fatima.

Notre-Dame n'est pas venue à Fatima pour démolir des bastions de l'Église, mais plutôt pour exhorter les membres de l'Église à défendre Ses bastions dans la crise à venir. Elle n'a pas prêché «l'œcuménisme» ou le «dialogue interreligieux», mais l'enseignement constant et immuable de l'Église, à savoir que «hors d'Elle», il n'y a pas de salut. Quand Notre-Dame est venue à Fatima, Elle ne nous a pas donné de «nouvelle théologie» ; Elle ne nous a pas donné de «nouvelle interprétation» de la doctrine opposée en quelque manière à l'enseignement constant du Magistère.

Que voyons-nous dans le Message de Fatima ? Nous voyons renforcées les doctrines-clés de notre Foi, les doctrines mêmes qui se trouvent face à l'attaque la plus acharnée de notre temps.[11] Quand la Mère de Dieu est venue à Fatima :

Elle a parlé de la doctrine du Ciel ;

Elle a parlé de la doctrine de l'Enfer ;

Elle a montré l'Enfer aux enfants ;

Elle a parlé de la doctrine du Purgatoire ;

Elle a parlé de la doctrine de la Sainte Eucharistie ;

Elle a parlé de la doctrine du Sacrement de Pénitence.

Et elle a aussi parlé indirectement de la Royauté Sociale de Jésus-Christ quand Elle a transmis l'ordre du Ciel que la Russie soit consacrée à Son Cœur Immaculé et convertie à la religion catholique, ce que les négociateurs du Vatican, dans la déclaration de Balamand, ont présenté comme «ecclésiologie périmée.»

Un motif clairement exposé

En conclusion, pour ceux qui poursuivent sans dévier la «nouvelle orientation» de l'Église, le Message de Fatima ne peut que représenter un autre bastion à démolir. C'est pourquoi, comme l'a révélé le Pape Pie XII dans ses remarques prophétiques, les Messages de la Vierge à Sœur Lucie concernaient «les dangers qui menacent l'Église.» Même si ce n'est pas révélé dans ces parties du Message de Fatima que nous avons été autorisés à voir jusqu'a présent, le Pape Pie XII a parlé d'un «avertissement divin» à Fatima sur «les novateurs de mon entourage» qui nuiraient gravement à l'Église par «l'altération de la foi dans Sa liturgie, Sa théologie et Son âme».

Nous voyons maintenant, clairement exposé, le motif du crime qui est le sujet de ce livre. Il y a opposition fondamentale entre la «nouvelle» Église introduite par Vatican II, et l'Église de tout temps, telle que la représente le Message de Fatima. Le Message de Fatima est un indicateur céleste sur la voie de ceux qui sont déterminés à abattre les bastions de l'Église d'autrefois de manière à pouvoir ériger sur les décombres une Église nouvelle «plus éclairée».

Ces deux visions rivales de l'Église — vision d'une «nouvelle» Église et vision de l'Église de tout temps telle qu'on la voit à Fatima — ne peuvent coexister. Une vision doit céder le pas à l'autre. Les hommes qui font l'objet de ce livre (explicitement ou implicitement) ont fait leur choix quant à la vision de l'Église qui, selon leur jugement, doit gouverner. Ils ont choisi la vision nouvelle, la nouvelle orientation de l'Église inaugurée à Metz et à Vatican II. En ce choix réside leur motif et en ce motif réside notre perception de leurs actions autrement inexplicables contre le Message de Fatima.

Mettant de côté la question des motifs subjectifs des défenseurs de cette nouvelle orientation — qui parlent pour eux-mêmes dans les déclarations que nous avons présentées — incontestablement leurs actions sont objectivement scandaleuses, suicidaires pour l'Église (au sens relatif, bien sûr) et nuisibles à des millions d'âmes. Ainsi leurs actions constituent un crime, quelle que soit l'intention subjective des malfaiteurs, car on peut commettre un crime par insouciance ou négligence coupable sans avoir l'intention de nuire. Car tout comme celui qui croit sincèrement avoir raison de tuer autrui est néanmoins coupable de meurtre, de même ceux qui ont nui à l'Église — même avec les meilleures intentions — sont coupables de crimes contre Elle. C'est la différence entre ce que la loi appelle l'intention spécifique de nuire à autrui et une intention générale de faire une action qu'on devrait savoir dangereuse, même si subjectivement on n'a pas l'intention de nuire. En d'autres termes, la loi punit les actes délibérés commis par celui qui aurait dû savoir mieux faire que de commettre l'acte.

Pour certains des responsables de ce désastre, c'est peut-être un égarement du sens des «lumières» — «faire le mal sous couleur du bien» ou «une désorientation diabolique» dans le gouvernement de l'Église, pour citer les mots de Sœur Lucie elle-même. Avec ces hommes, c'est le cas «Ce sont des aveugles qui guident d'autres aveugles», comme a dit Sœur Lucie[12] se référant aux paroles de Jésus dans l'Évangile (Mt. 15 :14), «les aveugles conduisant les aveugles.» C'est aussi le cas d'aveugles refusant d'admettre qu'ils sont aveugles. Certains de ces hommes, en fait, se sont convaincus que leurs actions sont les meilleures pour l'Église, même si elles sont manifestement ruineuses.

En tous cas, nous montrerons que les accusés, objectivement parlant, sont coupables d'un crime terrible contre l'Église et le monde, en participant à une conspiration véritable contre l'accomplissement du Message authentique de Fatima. Que Dieu soit le juge de leur âme. Leurs paroles et faits objectifs, cependant, se jugent au for externe de l'histoire.

Ce qui est plus, les actions de ces hommes peuvent se juger à la lumière de l'enseignement infaillible de l'Église, qu'ils ont (comme nous l'avons montré, ouvertement déclarée «périmée», ou qu'ils ont «corrigée» par rapport à la pensée «moderne» et à la «nouvelle théologie.» Les résultats de cet écart des enseignements infaillibles sont mauvais, comme chacun devrait le voir démontrer par l'actuelle situation de l'Église. Les Catholiques doivent juger que le mal est un mal quand ils le voient, plutôt que de prétendre que c'est bien, sur la simple insistance de certains personnages d'autorité : «Malheur à vous qui appelez mal ce qui est bien et bien ce qui est mal...» (Isaïe. 5 :20)

Il nous faut examiner maintenant comment le motif que nous avons établi à stimulé le récent effort du Vatican pour enterrer une fois pour toutes le Message de Fatima.

A la fin des années 1950, Hans Urs von Balthasar fut considéré comme tellement faux doctrinalement

que les Évêques Suisses ne l'ont pas autorisé à être conseiller théologique à Vatican II.


[1] Voir par exemple analyse statistique du sacerdoce dans L'Osservatore Romano, 13/20 août 1997 et «The Index of Leading Catholics Indicators (L'index des Indicateurs Catholiques Principaux),» The Latin Mass, Hiver 2000, présentant des données extensives à partir de Vatican Statistical Yearbook of the Church (l'Annuaire des statistiques de l'Eglise) et d'autres ouvrages ordinaires de références.

[2] Le Cardinal Ratzinger, Principles of Catholic Theology (Principes de Théologie Catholique), p. 391.

[3] Ibid., p. 390.

[4] Ibid., p. 391.

[5] Discours d'Audience du 26 novembre 1969.

[6] Tiré de David Greenstock «Thomism and the New Theology (Le Thomisme et la Nouvelle Théologie),» The Thomist, octobre 1950.

[7] Par exemple, voir «Joint Catholic-Lutheran Vespers at Vatican (La célébration commune des Vêpres Luthero-Catholiques au Vatican),» CWNews.com, 13 novembre 1999 : «L'Archvêques G.H. Hammar et Jukka Paarma — respectivement primats Luthériens de Suède et de Finlande — et les Evêques Anders Arborelius de Stockholm et Czeslaw Kozon de Copenhague unis avec le Saint-Père pour l'Office des Vêpres. Plusieurs autres évêques des Pays Scandinaves étaient présents à la cérémonie, y compris deux femmes évêques.» Egalement au début de l'année Jubilaire, le Pape Jean-Paul II ouvrit les Portes Saintes de Saint-Paul Hors les Murs avec l'Archevêque anglican Carey et le Métropolite schismatique Athanasios. Les représentants de 20 autres fausses confessions assistaient à la cérémonie œcuménique. Voir, «Non-Catholics Joining Pope in Rite (Non-Catholiques dans un Même Rite avec le Pape),» Los Angeles Times, 19 janvier 2000.

[8] Cardinal Ratzinger, «Principles of Catholic Theology» (Principes de Théologie Catholique), 1987.

[9] Graber, Athanasius and the Church of Our Time (Athanase et l'Eglise de Notre Temps), pp. 170-171.

[10] Citation tirée de The Mystical Body of Christ in the Modern World (Le Corps Mystique du Christ dans le Monde Moderne), Père Denis Fahey, (Regina Publications, Dublin, 1er Edition en 1935), p. XI.

[11] Pour des réflexions plus approfondies sur le fait que Notre-Dame de Fatima a renforcé les Doctrines Catholiques-clés aujourd'hui niées, voir John Vennari «A World View Based on Fatima (Le Monde Vu sur les Bases de Fatima ),» The Fatima Crusader, Printemps 2000, n° 64.

[12] Voir Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la Vérité sur Fatima - Vol. III : Le Troisième Secret (édition de La Contre-Réforme Catholique, Saint-Parres-lès-Vaudes, France, 1985), pp. 508-512.

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